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Vivre en poésie, une épopée du réel

Adolescent, le poète Guillevic en haut d’une falaise regardait une plaine. Devant lui, un espace invitait à la photographie. Il y avait autre chose aussi. Quoi ? Un tremblement, un appel au dépassement de ce que la photographie aurait retenu. L’éternité ? C’était vague. Qu’est-ce qui pourrait donner la sensation intellectuelle et physique de l’éternité ? Il a alors imaginé qu’une fois par siècle, un oiseau viendrait enlever un grain de sable de cette immense plaine.

Cette fiction lui a fait voir cette plaine au niveau qui était le sien, le vrai. Cette image l’a accompagné toute sa vie, même s’il la croyait contraire à la notion d’éternité parce que, « dans l’éternité, rien ne passe, c’est l’instant permanent ». C’est cela qu’il appelle vivre en poésie : « prolonger le réel non pas par du fantastique, du merveilleux, des images paradisiaques, mais en essayant de vivre le concret dans sa vraie dimension, vivre le quotidien dans ce qu’on peut appeler – peut-être – l’épopée du réel ».

Poésie et réel, un oxymore ? Au contraire ! Sans doute n’est-ce pas tant le réel qui importe que le sens que nous lui attribuons.

Pour Guillevic, « On peut vivre en religion, vivre en affairisme, vivre en indifférence, vivre en ennui. On peut vivre en haine comme en amour. Chacun trouve sa poésie comme il peut ».

Tel le poète, j’aimerais moi aussi « aider l’autre à trouver sa poésie, à faire en sorte de vivre sa vie dans cette présence à soi et aux choses au cours des actes les plus quotidiens ». Et pour vous, qu’est-ce que vivre en poésie ?

Marine T.

Billet du dimanche 27 janvier 2019

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