Jésus et la femme samaritaine, peinture sur verre, Allemagne, 1420 ca, Metropolitan Museum - New York

Voix célestes

Primatiale Saint-Jean-Baptiste de Lyon. Un instant avant l’heure d’orgue mensuelle. Un bénévole éperdu pourchasse les visiteurs qui s’immiscent obstinément dans la majestueuse nef malgré la fin des visites. Ingrate responsabilité : seul, il faut être partout, dissuader les récalcitrants. L’un sitôt éconduit, tapi derrière un pilier, un autre voit son heure venir !

Moi, trônant sur ma chaise, je réprouve ces expulsions expéditives d’un froncement de sourcils. Plus vivement courroucé durant le concert, je m’emporte (intérieurement) contre l’afflux continuel de badauds hébétés. L’orgue dont les transports me portent à la transe ne suffit à interrompre leur course qui enjambe les balustrades interdisant l’accès aux bas-côtés. Mes oreilles dressées les épient patauds allonger leur démarche, espérant échapper au cerbère.

Subjectivité d’une expérience qui m’interroge sur la fonction de nos églises. Entre deux messes elles sont le point de convergence de publics hétérogènes, qui parfois ignorent la vitalité spirituelle qui parcourt ces édifices. Mais cette confluence peut être une occasion fraternelle. Pourvu que chacun sache s’ouvrir à l’autre pour y découvrir un frère. Le groupe Accueil de Saint-Merry témoigne de ces heureuses rencontres.

« Comment ! toi qui es Juif, tu me demandes à boire à moi qui suis une femme samaritaine ? — Si tu savais le don de Dieu, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive. »

Vincent Liard

Billet du dimanche 24 avril 2016

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