La porte ouverte à tous. ©fc

« vous avez oublié cette parole de réconfort : ne néglige pas les leçons du Seigneur »

Dimanche 25 août

Première lecture  (Is 66, 18-21)
« De toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères »
Psaume  (Ps 116 (117), 1, 2)
Allez dans le monde entier.
Proclamez l’Évangile.
Deuxième lecture  (He 12, 5-7.11-13)
« Quand Dieu aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons »
Évangile  (Lc 13, 22-30)
« On viendra de l’orient et de l’occident
prendre place au festin dans le royaume de Dieu »

Mot d’accueil

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue aux visages connus du Centre pastoral et de la paroisse Saint-Merry, encore peu nombreux. Bienvenue surtout à tous ces visages que nous avons le plaisir de voir pour la première fois. Les portes de notre Communauté vous sont grandes ouvertes. Lundi soir, en revanche, la porte devait être bien étroite, puisque seuls José et moi sommes arrivés jusqu’au festin du Seigneur, à savoir la préparation de la messe de ce dimanche. Et les premiers arrivés ont hélas également été les derniers.Vous l’aurez compris, la liturgie du jour nous parle de cette porte étroite par laquelle il est si difficile de passer pour entrer dans le Royaume. Jésus se fait même menaçant : nous qui sommes, parfois, habitués à être des premiers, nous voilà renvoyés à la dernière place. Une bonne leçon pour rabattre notre orgueil.
Ce texte peut paraître rude au premier abord mais les deux autres lectures de ce jour sont au contraire remplies de messages d’espoir. Le premier message d’espoir, que nous entendrons dans Isaïe, c’est que le Seigneur vient rassembler toutes les nations de la terre, C’est une merveilleuse nouvelle : le salut n’est pas réservé à quelques-uns, les « happy few », les « VIP de la religion ». Au contraire, tout le monde est appelé au Salut, même les plus éloignés, même la part de nous qui est la plus éloignée du Seigneur. Le second message d’espoir nous est rapporté par la Lettre aux Hébreux : « vous avez oublié cette parole de réconfort : ne néglige pas les leçons du Seigneur ». Certes, ce n’est pas agréable de recevoir une leçon, mais cette leçon produit un fruit de paix et de justice. Et celui qui boite ne se fera pas d’entorse. Bien plus, il sera guéri.
Pour pouvoir passer par la porte étroite, la porte qui nous ouvre à la vie, nous devons donc nous convertir, c’est-à-dire ouvrir toutes les portes qui nous emprisonnent, les portes que nous claquons au nez de nos frères quand nous refusons de leur parler ou de leur tendre la main, sous prétexte qu’ils ont mal agi à notre égard, les portes dans lesquelles nous nous enfermons, lorsque nous avons trop de fierté pour admettre que nous puissions avoir tort. Dieu nous donne un avenir, inventons-le avec lui. La question n’est donc plus d’être des premiers ou des derniers mais de savoir si nous voulons choisir la vie ou choisir d’être enfermés dans nos certitudes. Et c’est aujourd’hui qu’il faut faire ce choix, avant qu’il ne soit trop tard.
Alors, écoutons l’évangile non pas comme une menace mais comme un message d’espoir, et chantons « Louez Dieu, tous les peuples ».

©fc

Célébration de l’Eucharistie et méditation

Béni sois-tu Seigneur, Père de toute grâce et de toute bonté. Tous les peuples de la terre te louent. A tous tu offres le bonheur, tu offres la liberté. Tu leur en ouvres la porte. Elle est étroite, à ce qu’il semble. Mais tous veulent y entrer. Les premiers seront les derniers, nous rappelle ton Fils. Rien n’est acquis pour l’éternité. Aide-nous à convertir nos cœurs. Au milieu des changements de ce monde, fais de nous ces pauvres, heureux, premiers dans ton royaume. A la suite du Christ, nous voulons repartir  et chanter les merveilles de ton œuvre, au quotidien de nos vies.

Autour de la table où il préside le repas d’adieux qu’il partage avec ses disciples, il prend le pain, le rompt et le donne,  disant : « Prenez et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous ». il prend la coupe de vin et la remet à ses disciples, leur disant : « Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi ».

Ici et maintenant, Père, nous faisons ce que ton Fils nous a dit de faire : dans cette eucharistie, nous faisons mémoire de sa mort et de sa résurrection. Nous t’offrons ce pain de la vie et cette coupe du salut. Nous sommes ton peuple. Nous sommes peuple d’un Dieu qui est justice. Nous sommes l’Église.
Accompagne-la dans sa marche et bénis-la. Soutiens de ton esprit le Pape François ; notre archevêque, Michel et tous les hommes et femmes qui, par le témoignage de leur vie, sont une force de vie, de bonheur et de liberté.
Oui, Père, tu nous invites à vivre notre bonheur, notre liberté. Certains pensent y être déjà parvenus. Elle est bien étroite la porte pour y accéder. Nous n’avons pas à nous asseoir sur nos lauriers. Rien n’est acquis d’avance. Tu nous rappelles que pour ne pas être rejetés, nous n’avons pas à croiser nos bras. Nous nous prenons parfois dans la tourmente, cherchant des réponses à certains questionnements de nos vies. Et nous passons souvent à côté.

Merci Père, de nous rappeler combien les plus belles pages de nos vies s’écrivent au hasard de nos faits et gestes du quotidien, dans nos visites, nos échanges avec nos enfants et nos petits-enfants ; dans ces partages, dans ces moments de convivialité avec ceux qui nous sont chers chers, mais aussi avec ces hommes et ces femmes qui passent la route de nos vies, au hasard de nos rencontres et de nos projets.

Hélas, c’est aussi ici que s’encrassent toutes les forces du mal : la haine, les rancœurs, l’envie et toutes les stigmatisations. Le mauvais regard et le jugement sur l’autre trouvent également place dans nos familles, dans nos quartiers. Le doute et la méfiance minent le lien social. Le quotidien devient le lieu du désespoir. N’est-ce pas, Père, que la sérénité de nos cœurs passe par le gage d’une vie d’amour donnée et reçue, comme une réponse personnelle et concrète, ici et maintenant. Le chemin de la liberté passe par l’appropriation de l’aujourd’hui de notre vie. C’est aujourd’hui, et non demain, qu’il nous faut nous battre pour construire nos familles.

Merci Père, de nous donner de chanter ton amour au milieu des nôtres. Conforte-nous dans notre désir de ne pas négliger tes leçons.  Aide-nous à descendre de nos certitudes, de nos assurances, pour rejoindre le réel de nos vies dans le vrai. Disciples que nous sommes, c’est sur notre capacité à aimer, à soigner nos rapports interpersonnels qu’on nous jugera. Merci Père, de nous donner d’être porteurs de vie et d’espérance, d’être une bénédiction dans la ville. Dans notre prière, nous pensons aussi Père, à tous nos frères et sœurs, partis de ce monde. Accueille-les dans ta demeure éternelle. Soutiens nos malades, et tous ceux qui perdent espoir devant l’adversité et les soucis de la vie.

Père José Egilde MANDIANGU

Mot d’envoi

Nous avons pris part au festin du Seigneur, nous aussi nous avons mangé et bu en sa présence et il a enseigné sur nos places. Mais ne repartons pas d’ici comme des premiers, mais comme des derniers. Il ne s’agit pas de nous rabaisser, de nous dénigrer, mais au contraire, de cultiver en permanence ce désir de vie et d’aller à la rencontre du Seigneur en allant à la rencontre et au service de nos frères.

Vincent Moreau
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1 Comment

  • En ce 26 août, et encore éloignée de Paris, j’adresse un merci à Vincent pour son mot d’accueil sur « la porte étroite ». Premier et dernier à préparer cette célébration pour tous, qu’il sache que d’autres, lointains, l’ont lu et aimé.

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