«Vous donc écoutez »

Dieu donne en abondance, sans compter, dans une gratuité absolue, comme la pluie vient nourrir la terre et faire pousser la récolte. Dans ce don, Dieu ne fixe aucune condition. Il se paye même le luxe de semer sur le bord du chemin, dans les pierres, dans les ronces et les épines, alors même qu’il doit bien se douter qu’il ne va pas pousser grand-chose et que c’est un peu stupide que de gâcher de la bonne semence dans des terres aussi arides.

Dimanche 13 Juillet 2014
15ème Dimanche du temps ordinaire
Année AP1030614

Lectures :
Livre d’Isaïe Is 55, 10-11
Lettre de Paul Apôtre aux Romains Rm 8, 18-23
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu Mt 13, 1-23

Ainsi parle le Seigneur : La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.    (Isaie  )

Accueil Bonjour et bienvenue à tous, spécialement à celles et ceux qui viennent s’asseoir et célébrer ici pour la première fois. Les textes de ce matin ont comme un parfum d’ailleurs pour les citadins que nous sommes, un ailleurs qui évoque aussi des racines rurales que nous  partageons tous peu ou prou et que nous retrouvons peut-être à l’occasion des vacances. Autant de phrases où la pluie bienfaisante le dispute à la fraîcheur des ruisseaux, où se dessinent des décors bucoliques entre sillons et moissons. Mais au-delà de ces images fortes, l’unité de ces textes peut se structurer autour de trois termes : L’abondance, la gratuité, la patience. Trois termes qui s’enchevêtrent et puisent à la même source : celle de Dieu pour nous les hommes. Abondance de ce qui nous est offert sans mesure, sans contrat d’un donannt-donnant Dieu, notre inconnu, nous donne gratuitement, Dieu , notre inconnu,  nous donne patiemment, sans éclat comme le grain pousse sans bruit avant de produire du fruit ; Dieu, notre inconnu, nous offre la vie par la fécondité de sa Parole qui lui reviendra enrichie de ce que nous aurons accepté d’en avoir fait. Alors, oui, c’est bien cette Parole qui nous porte comme nous la portons, En chaque circonstance de notre existence, dans nos déserts et dans nos cieux, en attente renouvelée du temps de Dieu.

Alain Cabantous

Réflexion sur l’évangile La semaine dernière, un moineau a animé notre eucharistie. Il semblait écouter de manière joyeuse la parole de Dieu sur le carré, et, surtout, à deux reprises, il s’est approché de la table eucharistique et a goûté au corps du Christ. Cette semaine, il est encore question d’oiseaux qui viennent dévorer le bon grain. Peut-être ces oiseaux ont-ils mieux compris que nous l’abondance et la gratuité du don de Dieu ? Car c’est d’abord de cela qu’il s’agit dans les textes que nous avons lus ce matin. Dieu donne en abondance, sans compter, dans une gratuité absolue, comme la pluie vient nourrir la terre et faire pousser la récolte. Dans ce don, Dieu ne fixe aucune condition. Il se paye même le luxe de semer sur le bord du chemin, dans les pierres, dans les ronces et les épines, alors même qu’il doit bien se douter qu’il ne va pas pousser grand-chose et que c’est un peu stupide que de gâcher de la bonne semence dans des terres aussi arides. Et bien non, Dieu ne raisonne pas comme nous. Il ne tient pas la comptabilité de ses semailles. Il sème à tout vent et il espère toujours que le blé va germer. Mais pour que la plante donne du fruit, il faut que le grain tombe dans la bonne terre. Comme souvent dans l’Evangile, les illustrations que prend Jésus sont criantes de réalisme. Qui ne se reconnaît pas dans « cet homme du moment », qui passe d’une passion à une autre, mais qui est incapable d’engagement de long terme ? Qui de nous n’est pas étouffé par les « soucis du monde et les séductions de la richesse », qui viennent nous encombrer ? Qui de nous n’a connu ces sautes d’humeur, dans lesquelles nous passons de la joie la plus forte au découragement le plus accablant ou pire, à l’indifférence la plus lâche ? Pour pouvoir porter du fruit, pour être cette bonne terre dans laquelle la Parole va germer, il faut d’abord que nous acceptions le don gratuit que Dieu nous fait. Dans notre monde matérialiste, quand un inconnu nous fait un don, c’est forcément suspect, et cela nous dérange et nous fait peur, car on ne sait pas trop dans quoi on s’embarque. Avec Dieu, il ne faut pas être dans le calcul, dans le donnant donnant, mais dans le donné reçu, dans le don reçu en confiance et en plénitude, comme le psalmiste qui prend le temps de contempler la création et de la recevoir comme un don de Dieu. Porter du fruit dans la bonne terre, c’est d’abord accepter de recevoir gratuitement. Dieu ne se lasse pas, il continue sans cesse de semer, même si la terre dans laquelle il sème n’est pas la bonne terre. Après tout, il nous connaît, il sait que nous cheminons, que nous progressons. Si un jour notre cœur est dans les pierres ou les ronces, le lendemain, il peut être cette bonne terre dans laquelle le blé va germer. Alors, Seigneur, reconnaissons que tout vient de toi et que tout te revient. Nous ne pouvons cueillir que ce que tu as semé et nous ne pouvons donner que ce que tu nous as donné.

 Vincent Moreau

  Méditation à la manière d’une prière eucharistique Dieu notre Père, l’heure est venue de te remercier une fois de plus. C’est l’une de nos raisons d’être; si ce n’est l’essentielle. Oui, car nous te louons parce que nous vivons et nous vivons parce que nous te louons. Aujourd’hui encore la création, la nature nous rappelle à quel point nous en sommes, nous en faisons partie. Nous attendons le soleil qui commence à pointer son nez et la chaleur qui nous rend plus souriants. Question de temps…Mais nous sommes heureux de goûter les beaux et bons fruits de la saison, de contempler les couleurs et les fleurs  du moment. C’est toujours une affaire de patience. Nous te remercions parce que tu es un vrai paysan, un cultivateur d’une grande finesse : patient et confiant. Et Dieu sait si avec nous il faut être constant et persévérant. Il n’y a qu’à voir le plus beau cadeau que tu nous as fait : ton Fils, notre Seigneur Jésus. C’est la gratuité parfaite. C’est en lui que nous avons saisi un peu de ce que tu es, de comment tu agis, vers quoi tu veux nous conduire. C’est par Lui que nous avons vu comment tu sèmes à tous les vents : prodiguant la semence, te dépensant sans compter et sans mesure. Gratuitement. Nous te remercions donc pour Jésus notre Seigneur et notre Christ, ton Fils. Pour lui et par lui nous te louons et nous te chantons. Même l’agriculteur le plus fin, le plus adroit et compétent doit compter sur le temps. Et pour être patient, il doit se fonder sur la confiance. Ah la confiance,  ce mot magique ! Cette réalité insaisissable et  incertaine. Il fallait une dose de  confiance  sans limites, il fallait croire que la semence doit mourir pour qu’elle donne une vie nouvelle. Ainsi fut fait. Ton Fils, notre Seigneur, par la force de ton Esprit, t’a fait confiance jusqu’au bout. Et la vie est surgit du tombeau. Que ce même Esprit vienne aujourd’hui sur ce pain et ce vin et qu’ils deviennent ainsi les signes du corps et du sang du Christ, ton fils, notre Seigneur. Et comme la semence qui vit et fructifie depuis de millénaires, la vie, la mort et la résurrection de Jésus se propage et fructifie parce qu’il est présent. Oui, parce qu’il nous a dit de faire son mémorial, de le re-présenter ici et maintenant. Et c’est cela que nous faisons dans la ferme espérance et la confiance joyeuse de son retour. Quel parcours depuis les semailles jusqu’à la moisson ! Quel itinéraire. Des hauts et des bas ! Que d’automnes, que d’hivers. Mais pour que la semence produise du fruit, pour que nous, pour que la communauté de croyants, pour que l’Eglise porte de fruit, l’Esprit est à l’œuvre.  Et nous t’en prions. Tout d’abord afin que tous ceux qui partagent le repas du Seigneur soient vraiment un seul corps, le corps du Christ, l’Eglise que tu veux : simple, honnête, juste et joyeuse. Cette Eglise, cette communauté ne peut pas rester bien au chaud; comme toute plante vivante, elle doit sortir d’elle-même, vivre des autres et pour les autres. C’est pour cela que nous pouvons, que nous voulons ouvrir notre cœur au monde.

Jésus Asurmendi

Prière d’envoi Nous allons repartir mais messagers de quelle Parole, de quelle bonne Nouvelle ensemencée par nos rencontres, notre souci de l’autre  avant qu’elle ne revienne à Dieu ? Tour à tour, nous sommes ronces, chemins stériles, plantes sans racines. Mais un jour ou l’autre, nous offrons la bonne terre de nos vies pour accueillir la Parole et la faire vivre au-delà de ce que nous pensions. Belle moisson estivale à chacune et chacun.

Alain Cabantous

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