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Vous résidez ici bas en étrangers

Emmaüs P. de Grauw

« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

Dimanche, 30 avril 2017

PREMIÈRE LECTURE

« Il n’était pas possible
que la mort le retienne en son pouvoir » (Ac 2, 14.22b-33)

PSAUME

(Ps 15 (16), 1-2a.5, 7-8, 9-10, 11)

DEUXIÈME LECTURE

« Vous avez été rachetés par un sang précieux,
celui d’un agneau sans tache, le Christ » (1 P 1, 17-21)

ÉVANGILE

« Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain » (Lc 24, 13-35)

 

Commentaire d’évangile

C’est d’abord le récit d’une rencontre ;
une rencontre imprévue a toujours quelque chose de dérangeant.
C’est bien le cas ; les deux disciples sont installés dans leur désespoir.
Il est possible de trouver un confort pervers dans la désespérance.
On peut même dire que nos deux disciples se sont enfermés dans ce confort.
En effet une lueur d’espoir leur était offerte : ce que les femmes ont cru voir ;
ils n’y ont prêté qu’une attention fugitive
et ont vite balayé ce qui ne peut être que rêveries de femmes !
Et voilà qu’un étranger vient les déranger dans leurs échanges désabusés.
Qu’est ce que c’est que ce type
qui n’est même pas au courant de ce qui s’est passé à Jérusalem !

Très vite, la rencontre va prendre une autre tournure.
Finalement l’étranger est bien au courant ;
il en sait même plus qu’eux ; il explique ; il a des arguments.
Et surtout il marche avec eux. Cheminer ensemble, c’est déjà partager.
Il reconnaitront qu’ils avaient le cœur brulant pendant cette marche.

Enfin, coup de théâtre, c’est à la fraction du pain, qu’ils le reconnaîtront…
Pourquoi la présence du Ressuscité est elle liée à ce signe de la fraction du pain ?
Signe fragile, mais aussi signe de partage.
Deux mille ans après Emmaüs c’est encore à ce signe que nous reconnaissons sa présence.

Robert Picard

Pour moi cette page est une source insondable de questions.

Voici deux disciples qui connaissaient bien Jésus,
qui  avaient  beaucoup marché avec lui, qui s’étaient nourris de sa parole,
qui l’avaient vu guérir les aveugles, qui avaient partagé son repas.
Et bien qu’après sa mort deux anges aient dit qu’il était vivant,
cela les a remplis de stupeur mais leurs yeux restaient empêchés de le reconnaître.
Que leur fallait-il donc encore? se faire traiter d’idiots, d’esprits sans intelligence,
et entendre de nouveau un commentaire de toute l’Écriture ?
Leurs yeux et leurs oreilles restent fermés.

Ce n’est qu’au partage du pain que dans un éclair, leurs yeux s’ouvrent,
ils le reconnaissent, ou plutôt ils le connaissent comme si c’était la première fois,
une « première communion » en quelque sorte.
Ce n’a été qu’un bref instant car sitôt reconnu Jésus disparaît.
Un bref instant qui a valeur d’éternité.
Ils retournent en pleine nuit à Jérusalem, c’est une conversion,
tout ce qu’ils ont vécu jusqu’alors prend enfin sens.

Non, le temps de Dieu pas n’est pas le temps des hommes.
Passé, présent, futur sont  de pauvres catégories.
Le temps n’est pas une flèche rectiligne qui va de gauche à droite.
Nous avons tous vécu je pense ces quelques rares instants
(naissance, mort d’un être cher, rencontre amoureuse… )
où le début et la fin cohabitent  parce qu’ils  sont dans le présent de Dieu.

Jean Verrier

Prière universelle :

Seigneur nous voici appelés à faire des choix décisifs pour l’avenir de notre pays,
un pays divisé dans un monde qui change, où grandissent les souffrances des pauvres,
la peur et la colère.

Aide-nous à rester fidèles à nos engagements auprès des chômeurs,
des sans-domicile et des mal logés, des migrants et des étrangers,
fidèles à nos engagements pour protéger notre Terre.

Souviens-toi de nos efforts pendant tout ce carême
pour construire entre nous un dialogue fécond à partir de nos différences
et garde-nous des discours de haine et d’exclusion.

Donne-nous Seigneur l’intelligence du cœur et rappelle-nous notre vocation
de porteurs d’espérance et de messagers de la bonne nouvelle .
Nous t’en prions Seigneur.

Jean Verrier

Ils ont fui la guerre, la misère et les dictatures et nous,
nous les refoulons à nos frontières.
Nos sociétés sont en crise : peur du terrorisme, du chômage, du lendemain.
Seigneur, ouvre nos esprits étriqués, et là où se trouve le désespoir
que nous mettions de l’espérance.

Claire Baudin

MEDITATION A LA MANIERE D’UNE PRIERE EUCHARISTIQUE

Dieu et père de tous, nous voici réunis en ce dimanche pour te rendre grâce.
Oui, Dieu notre Père en ce jour de printemps qui lutte pour chauffer  l’air et le cœur des hommes
nous voulons te remercier pour ce monde que tu nous offres, le monde des arbres et des fleurs,
des graines et des herbes; ce monde des animaux, du chien et du chat,
du cheval des abeilles et des moustiques.
Cette création, ta création que tu nous as confiée
et qui est si peu présente dans nos têtes et dans nos cœurs,
dans la campagne présidentielle et dans nos faits et gestes quotidiens.

Tu nous rappelles aujourd’hui que nous résidons ici-bas en étrangers.
Par ce temps de replis sur soi et de rétrécissement du cœur et de l’esprit,
menacés que nous sommes d’enfermement  dans le vivre ensemble
tu nous rappelles que tu es venu à notre rencontre dans et par ton Fils.
Que Jésus s’est approché de nous sur le chemin, qu’il a marché avec nous.
Tu nous rappelles qu’il n’y a pas de chemin tout tracé,
qu’on n’avance pas à coup de rétroviseur.
Qu’il n’y a pas de chemin,  le chemin se fait en marchant.
Que ce qui nous fait croitre et vivre,
ce qui nous rend libres, c’est le partage fait en chemin,
partage de la parole et partage de la table.
Pour cet étranger qui s’est fait notre compagnon de route
qui nous a partagé la Parole et son corps, son être même, pour Jésus,
notre Christ ton Fils  et notre Seigneur nous te remercions.
Pour Lui et par Lui nous te louons et nous te chantons.

Le temps. Combien de philosophes et de penseurs en tout genre
se sont cassé les dents voulant comprendre le temps.
Pour nous Dieu notre Père ce qui est certain
c’est que le temps de la mémoire, du mémorial c’est aujourd’hui.
Faire mémoire de ton Fils, de notre Seigneur qui a vécu avec nous,
soumis aux aléas du temps et qui un jour précis est mort sur une croix.
On aurait cru que le temps s’était arrêté. Erreur. Tu as fait de telle sorte
par ton Esprit qu’au lieu d’être le dernier jour ce fut LE JOUR.
Que le premier jour de la semaine devienne ton jour, le jour d’un temps nouveau,
à partir duquel tous les jours et tous les temps prenaient sens.
Nous te prions Dieu notre Père, que ce même Esprit fasse de ce pain et de vin
les signes  de son corps et de son sang,
les signes de la présence vivante de ton Fils parmi nous.

Le temps des hommes n’est pas le temps de Dieu.
Passé présent et futur ne se conjuguent pas de la même façon.
Ce qui est certain c’est que nous faisons maintenant le mémorial
de la mort et de la résurrection de notre Seigneur Jésus et que le faisant
nous le re-présentons, nous actualisons sa présence parmi nous
en attendant son retour. Attente pleine d’espérance joyeuse.

Chemin à faire. Nourriture pour pouvoir le faire.
Nous sommes souvent aussi Dieu notre Père perdus et perplexes face à l’à-venir.
Nous te demandons en premier lieu que ton Esprit fasse de tous ceux
qui partagent le repas du Seigneur un seul corps et un seul esprit,
le corps du Christ, ton Eglise.
Une Eglise fraîche et pimpante, printanière et souriante, accueillante et qui partage;
qui s’ouvre, qui donne et qui reçoit, le tout avec sincérité et humilité.

Jésus Asurmendi
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