Vulnérabilité, fragilité

« Il faut absolument réhabiliter la vulnérabilité » disait l’autre matin sur France-Musique le maestro Emmanuel Krévine. Sa phrase m’a interpellée. Que voulait-il dire exactement ? La fragilité, les fragilités, sont des thèmes récurrents actuellement dans les propositions de séminaires.

Que nous disent-elles de nous ? Que viennent-elles toucher ? Accepter d’être fragiles, vulnérables, est-ce nous reconnaître comme humains, dépendants ? Les événements actuels, la Seine qui sort de son lit, la Marne également, les pluies diluviennes que la terre ne peut plus avaler et qui transforment chaussées en torrents et villages en îles, ces inondations dramatiques qui ont créé tant de drames humains mettant nombre de gens hors de leurs maisons, détruisant les outils de travail, viennent nous rappeler notre fragilité, notre vulnérabilité. Partir au plus vite sans rien emporter, se « sauver », prendre des risques, s’abandonner aux bras des pompiers, redevenir comme un petit enfant, souvent naturellement confiant. L’adulte lui est empli de craintes, de peur, de désespérance. Il ne maîtrise plus. La colère est là, mais contre qui crier ?

Au plus profond, ballottés par la vie, malmenés par nos peurs, confrontés à notre fragilité, à notre impuissance, qu’en est-il ? Un peu plus d’empathie pour les plus démunis, ceux qui vivent dans des camps depuis des générations, ceux qui se sont exilés et sur les chemins sont abandonnés ?

Trouver au fond de soi cette zone de sécurité, ce noyau dur, relativiser, lâcher prise et contacter l’espérance, faire confiance… Est-ce possible ?

Gisèle Carrer

Billet du dimanche 26 juin 2016

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