Mes yeux ont vu le salut

Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.

Dimanche 31 décembre 2017

PREMIÈRE LECTURE (Gn 15, 1-6 ; 21, 1-3)
« Ton héritier sera quelqu’un de ton sang »
PSAUME (104 (105), 1-2, 3-4, 5-6, 8-9)
Le Seigneur, c’est lui notre Dieu ;
il s’est toujours souvenu de son alliance.
DEUXIÈME LECTURE (He 11, 8.11-12.17-19)
La foi d’Abraham, de Sara et d’Isaac 
ÉVANGILE (Lc 2, 22-40)
« L’enfant grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse »

Accueil

Bonjour à tous, je dis tous,
mais nous sommes moins nombreux que d’habitude…
Bienvenue donc, bienvenue aux habitués de Saint-Merry
mais aussi et surtout à ceux qui finissent aujourd’hui l’année
dans une église qu’ils découvrent plus ou moins.

Depuis 1893 il y a une « Fête la sainte Famille »,
d’où les textes qui évoquent quatre niveaux de naissances 1.
En voici d’abord trois :
– charnelle avec la stérilité du couple Abraham/Sara ou la génétique…
– sociale avec la place du fils aîné héritier, le nom, la parole d’accueil par Syméon,
– religieuse avec la purification nécessaire du couple Joseph/Marie, les rituels d’alliance…
Enfance et adolescence de Jésus ont été écrits de manière à pouvoir être reliés plus ou
moins directement à la vie de Jésus adulte reconnu comme Sauveur,
une Foi éclairée en ce jour également par la citation d’épisodes bibliques.
Ils montrent toutefois une grande différence avec ce que nous sommes appelés à vivre.

Aujourd’hui, avoir ou non un fils n’est plus une récompense ou une malédiction divine ;
la naissance ne nécessite plus une purification suivie d’un sacrifice sanglant etc.
Concernant la « famille », des préjugés douloureux et limitatifs sont tombés
et on s’interroge sur certaines conceptions,
justifiées peut-être à une époque, mais jugées parfois infantiles ou infantilisantes…
Cette évolution vient de ce que la Bonne Nouvelle a irrigué toute la société.

Jésus adulte nous a montré le chemin vis-à- vis des normes et des rituels,
à travers ses actes, son exemple, ses paroles et ses silences.
En réalité, il a offert ( je cite Syméon)
à « tous les peuples » et « nations », le « salut » ( lutrin) d’une quatrième naissance :
celle d’enfants nés de Dieu.

Il délie certes nos relations, familiales et autres, de formes imposées,
mais il exige au fond, de les relier bien plus solidement.
C’est pourquoi nous avons choisi comme fil rouge entre ces textes
le thème toujours actuel, lui, de la foi qui dirige ce cheminement
à partir d’Abraham et fait vivre la famille humaine.

Entrons dans ce cheminement Au nom du Père, du Fils et du saint Esprit


1  J’ai été éclairée dans mon raisonnement
par l’ouvrage d’André FOSSION et Jean-Paul LAURENT :
Lire pour vivre, Soixante-dix lectures évangéliques, oct. 2016, ed. Lumen Vitae
.

Marguerite Champeaux-Rousselot

Commentaire

Dans le journal Le Monde de cette semaine
on s’inquiétait de la diminution de médecins gynécologues en France
et particulièrement dans les zones rurales
ainsi que de l’augmentation scandaleuse du dépassement d’honoraires.

Abraham et Sara n’ont pas eu de problèmes sur ce point.
Joseph et Marie, non plus, bien que tous étaient des cas.
Mais ils n’étaient pas des cas de gynécologie.

Lisez bien le texte de la Genèse.
Abraham, d’après la rédaction de ce texte, n’y était pour rien.
Et Sara non plus. L’acteur principal n’est autre que Dieu.

Sara est l’instrument de l’action de Dieu.
Et Abraham le récipiendaire, le destinataire
du cadeau de Dieu que Sara lui offre.

Ce n’est ni la PMA ni la GPA.
Mais une affaire de foi.
Il fallait voir dans le fruit de leurs entrailles la main de Dieu,
la présence et l’action du Seigneur.

Car qu’est-ce qui est plus difficile
faire accoucher une femme de 90 ans
ou une jeune fille vierge de 17 ??

Dans les deux cas il faut voir au-delà de ce que l’on voit.
Il faut croire au-delà de ce que l’on contemple.
Comme Syméon qui voit le salut de Dieu dans un bébé insignifiant.

Avoir la foi c’est faire confiance.
Et la confiance ne va pas de soi,
la confiance ne s’impose pas, ne se commande pas.

Confiance dans la parole reçue, confiance dans l’autre.
Confiance dans le projet, dans la promesse.

Jesús Asurmendi

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Dieu notre Père, nous voici réunis pour te rendre grâce
en cette dernière eucharistie de l’année.
C’est une bonne occasion d’en faire le bilan.
Tout n’a pas été de couleur de rose, tant s’en faut.
Malgré tout, chacun d’entre nous a sa propre liste positive,
d’événements, de rencontres, des découvertes, des surprises
qui ont jalonné notre année.
Notre communauté aussi a son bilan à deux colonnes :
la liste des ratés, des échecs.
Mais également des belles choses, des réussites.

Même à propos de la planète que tu nous as confiée,
tout n’a pas été génial mais on peut citer des initiatives,
des actions qui font que nous ne perdons pas espoir.
Pour toutes ces bonnes nouvelles
dont nous reconnaissons que tu es la source nous te remercions.

Nous te remercions surtout pour ton Fils, notre Seigneur Jésus,
né d’une femme, comme tout le monde
mais en qui nous voyons l’expression parfaite de ton amour
qui dialogue, qui prend en compte nos misères et nos insuffisances
nos envies et nos rêves pour les transformer et les transcender.
Lui qui nous fait confiance et qui provoque ainsi la nôtre
vis-à- vis de Lui, de Toi et de nos frères.

Pour ce cadeau aussi improbable que réel,
pour Lui, pour Jésus ton Fils notre Seigneur
et par Lui nous te louons et nous te chantons.

On ne peut pas attribuer à Jésus le premier prix de la Com.
Cette communication qui nous absorbe tous.
Il aurait pu mieux faire car le résultat est criant et flagrant :
l’exécution sur la croix. Fini.

Mais tu ne l’as pas jugé ainsi. Au contraire
par la force de ton Esprit tu en as fait le Premier des Vivants,
tu lui as décerné le Premier Prix de la Vie
et tu en as fait la source de la Vie nouvelle pour tous.
Ainsi nous te demandons que, toujours par le même Esprit
ce pain et ce vin deviennent les signes visibles
de son corps et de son sang,
les signes de sa réelle présence parmi nous.

Nous faisons donc son mémorial, tel qu’il nous l’a demandé.
Mémorial qui n’est pas un souvenir, mais une re-présentation,
une actualisation de sa vie, de sa mort et de sa résurrection
en attendant dans la confiance et la joie qu’il revienne.

Pour que la confiance, la foi restent vivantes et vivaces,
il faut les nourrir car les tentations d’affadissement,
les occasions de compromissions inavouables ne manquent pas.
Et la seule nourriture qui convienne pour faire face à ces défis
c’est son repas, le repas du Seigneur.
Ainsi, que ton Esprit fasse de tous ceux et de celles
qui partagent le repas du Seigneur un seul corps et un seul esprit,
le corps du Christ, ton Église.
Une Église où la foi active et l’espérance agissante
soient toujours le ciment qui la soutient
et l’énergie qui se déploie pour le bien de tous.

Nous te prions aujourd’hui pour nos amis qui sont dans la souffrance,
terrassés par la maladie ou seuls au milieu du vacarme des fêtes,
ou seuls au fin fond de leur propre silence.
Ne les oublie pas. Ne nous oublie pas !

Jesús Asurmendi

Envoi

Après ce repas fraternel,
nous allons pouvoir continuer à cheminer dans la foi,
à vivre sans réserve de cette Bonne Nouvelle
annoncée par un Jésus qui nous rassemble
même si nous sommes dispersés et différents.

«  Mes yeux ont vu ton salut »…
Quel meilleur souhait se donner ?
Gardons-le comme un point commun vers lequel cheminer…

Marguerite Champeaux-Rousselot
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