« Zo kwe zo » (« tout être humain est une personne » ou « un homme en vaut un autre »)

Centrafrique - guerreParlez-vous sango ?
Connaissez-vous la Centrafrique ?
Le 5 décembre, une résolution de l’ONU a permis à la France d’y envoyer 1600 soldats (opération Sangaris), au motif d’assurer la sécurité des villes et de désarmer les milices et groupes armés : la milice de l’ex-Sekela qui a renversé le président François Bozizé le 24 mars et porté Michel Djotodia au pouvoir ; les anti-balaka qui s’y opposent (milice composée d’anciens militaires, de partisans de Bozizé et de groupes d’autodéfense chrétiens).
Pourquoi, lorsque des anti-balaka ont saccagé une mosquée à Bangui le 19 décembre, les soldats français ne les ont-ils pas désarmés ?
Les adjectifs « musulmans » et « chrétiens » sont sans cesse accolés aux membres des milices, alors que leurs formations sont plus complexes. N’y a-t-il pas le risque d’un amalgame entre conflit et religion ? Et que les civils payent très cher d’être assimilés aux groupes armés ?
Qui connaît le vrai fond du problème ?
On a vu des Blancs casqués et en treillis tenir des Africains par la nuque. Sait-on seulement qui sont ces hommes ?  Les images médiatiques relèvent-elles de l’évidence ?
Le pays est riche en uranium, or, diamants, bois exotiques et pétrole potentiel, mais sa population compte parmi les plus pauvres. Les médias parlent d’argent, d’appui militaire, de soutien logistique des Royaume-Uni, Belgique, Pologne, Allemagne, Espagne, Pays-Bas…
Si seulement l’exemple de Nelson Mandela pouvait souffler sur nous l’esprit du discernement.

Martine Le Gac

1 Comment

  • L’amitié que je te porte non seulement m’autorise, mais m’impose de prendre la plume.
    Il s’agit de ton Billet du 29 décembre, il y est question de la situation en Centrafrique.

    La pire des situations, la guerre civile, plus d’Etat, ni d’armée, ni de police : la barbarie peut s’imposer. Les chefs de bandes règnent. L’instinct prédateur de l’homme s’épanouit, il s’agit de pouvoir, de pouvoir sur les autres, en faisant régner la terreur. Je ne peux rien quant à la Centrafrique mais je sais que partout dans le monde où se déchaînent des forces de mort, il s’agit de moi.

    La violence, la prise sur l’autre, la supériorité sur l’autre me concernent à tout moment, même dans les meilleures intentions (comme écrire en cet instant) !

    Croire connaître la vérité, savoir où est le Bien et où est le Mal, c’est, si je reste fidèle aux paroles de Joseph Pierron, la faute originelle, illusion fatale. Et tentation permanente !

    Pourquoi à Saint Merry, portons nous toujours des causes qui ne transforment pas fondamentalement notre façon d’être et de vivre quotidiennement et non pas celles qui pourraient venir nous mettre en question, nous, en touchant de manière concrète nos propres misères, en ébranlant la façade de nos « bons sentiments » ?

    Par la grâce reçue il nous a été donné de communier ensemble au Corps du Christ, et par la prière nous osons demander le pardon à nos frères et à notre Père, l’amour est possible.

    Annexes
    Politique
    A la question « fallait-il intervenir en Centrafrique ?» posée lors des fêtes familiales de fin d’année à une Ivoirienne, celle-ci me répond à ma grande surprise : « c’est une grave erreur, lorsque les troupes françaises se retireront les représailles seront terribles »

    Désinformation
    Dans ton Billet il n’est fait mention que d’un fait précis : l’attaque d’une mosquée le 19 décembre. Ce n’est pas anodin. Les coupables sont désignés : il s’agit sûrement de chrétiens, de chrétiens africains donc de produits de la colonisation et de l’Eglise, ils sont à éliminer. Cette pensée court depuis très longtemps en France. La mort du Père…
    Gérard Babusiaux

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.