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Dimanche 27 décembre 2020. « Mes yeux ont vu le salut »

« Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » (Genèse)

Accueil : voir le salut

Bienvenue à tous, à chacune, à chacun, habitué de Saint-Merry ou non. En ce dimanche après Noël, nous sommes dans la joie et l’espérance, joie de la naissance, espérance de la re-naissance.
Mais que voyons-nous du salut ? Tant d’êtres humains sont réduits en esclavage, au sens propre comme au sens figuré, les Ouighours enfermés, les esclaves vendus en Lybie, et bien d’autres à travers le monde,  femmes, enfants, hommes. Et nous-mêmes, esclaves de la machinerie technocratique et de la « gouvernance algorithmique », selon l’expression de Bernard Stiegler.
Avec quels yeux pourrait-on « voir le salut », la libération de tous ? Dans la bible et dans l’évangile, des naissances extraordinaires nous sont contées,  celle d’Isaac, celle de Jésus. La foi d’un homme ou d’une femme a permis à Dieu de réaliser l’impossible.  « Grâce à la foi », nous est-il répété à trois reprises dans l’épître aux Hébreux.
Alors pourquoi pas la naissance du Dieu sauveur au plus intime de chacun de nous.
Et nos yeux verront le salut.

G PM

Lecture du livre de la Genèse (Gn 15, 1-6 ; 21, 1-3)

En ces jours-là,
la parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision :
« Ne crains pas, Abram !
Je suis un bouclier pour toi. Ta récompense sera très grande. »
Abram répondit :
« Mon Seigneur Dieu, que pourrais-tu donc me donner ?
Je m’en vais sans enfant, et l’héritier de ma maison, c’est Élièzer de Damas. »
Abram dit encore :
« Tu ne m’as pas donné de descendance,
et c’est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. »
Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram :
« Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un de ton sang. »

Abraham et Sarah, icône

Puis il le fit sortir et lui dit :
« Regarde le ciel,
et compte les étoiles, si tu le peux… »
Et il déclara :
« Telle sera ta descendance ! »
Abram eut foi dans le Seigneur
et le Seigneur estima qu’il était juste.
Le Seigneur visita Sara comme il l’avait annoncé ;
il agit pour elle comme il l’avait dit.
Elle devint enceinte,
et elle enfanta un fils pour Abraham dans sa vieillesse,
à la date que Dieu avait fixée.
Et Abraham donna un nom au fils que Sara lui avait enfanté : il l’appela Isaac.

Psaume 104 (1-2, 3-4, 5-6, 8-9)

Que mon cœur ne se taise pas, qu’il soit en fête pour toi
Et quand sans fin, je te rende grâce, Seigneur mon Dieu, je te rende grâce !

Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ;
chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles.

Glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.

Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça,
vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.

Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.

Lecture de la lettre aux Hébreux (He 11, 8.11-12.17-19)

Frères,
grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu :
il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage,
et il partit sans savoir où il allait.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge,
fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance
parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses.
C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort,
a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel
et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve,
Abraham offrit Isaac en sacrifice.
Et il offrait le fils unique,
alors qu’il avait reçu les promesses
et entendu cette parole :
C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom.
Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ;
c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration.

Alléluia

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 2, 22-40)

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Rembrandt, Syméon glorifiant l’enfant Jésus au temple, 1669

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve,
elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Fra Angelico, Présentation de Jésus au Temple, 1431-1435, couvent San Marco, Florence

Prière universelle

Dieu de tendresse, regarde ton peuple, écoute-nous, exauce-nous !

Chant : Seigneur, garde-nous en attente

Seigneur, garde-nous en attente
Pour nous ouvrir, aux signes de demain
Pour une vraie présence au monde
Ce monde que par nous tu fais tien

En longue attente du Messie
Cris du désert voix des prophètes
Pour accueillir le Fils de Dieu
Libérateur d’un peuple élu.

En longue attente de ta paix
Qui courbera enfin l’épée
L’histoire apprend aux impatients
Le temps qu’il faut pour advenir.

En longue attente du Royaume
Déjà surgi de l’aujourd’hui
Semblable au grain de sénevé
Qui croît, fécond, dans le silence.

Chant : Nous sommes les enfants (paroles : A. Cabantous – musique : L. Boldrini)

Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur de joie (bis)
Lorsque nous revenons, de nos courses perdues
Pour apprendre du vent, qu’il nous a attendus
Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur de joie (bis)

Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur de paix (bis)
Lorsque nous accueillons l’aurore du pardon
Pour espérer qu’en Lui, ce partage est un don
Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur de paix (bis)

Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur de feu (bis)
Lorsque nous accordons justice et charité
Pour sentir que la terre recommence à chanter
Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur de feu (bis)

Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur d’enfant (bis)
Lorsque nous témoignons de son amour semé
En ajustant nos pas sur sa fraternité
Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur d’enfant (bis)

Envoi : joie de notre renaissance

Allons, avec Jésus, vers où nous ne savons pas, en passant par des chemins que nous ne connaissons pas, comme l’écrivait Jean de la Croix. Dans la joie de notre renaissance, pour devenir davantage artisans, créatifs et inventifs, de justice et de fraternité.

G PM

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