« Aller jusqu’au bout ? »

Dimanche 8 septembre 2013
23ème dimanche

Lectures
– Lettre à Philémon Phm 9b-10.12-17
– Évangile de Jésus Christ selon Saint-Luc 14,25-33

Bonjour, et bienvenue à tous et à toutes.
Bienvenue aux amis et habitués de la communauté, que nous avons le plaisir de retrouver après ces mois d’été durant lesquels les rangs de notre assemblée ont été plus clairsemés.
Bienvenue aux nouveaux ou aux amis de passage, qui nous rejoignent pour la première fois, et que nous avons le plaisir d’accueillir et de rencontrer.
Nous sommes rassemblés ce matin, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Nous étions nombreux lors de la préparation (une dizaine de personnes) et nos discussions ont été particulièrement intenses.
Nous avons choisi de nous concentrer sur deux textes, qui nous invitent à des choix radicaux.
Nous lirons d’abord l’Evangile de Saint Luc, dans lequel il est question de séparation, de renoncement à sa famille et à soi-même, pour pouvoir suivre le Christ.
Ensuite, nous écouterons la lettre de Saint Paul à Philémon, qui en est en quelque sorte la déclinaison, dans laquelle il est question de liberté. Paul, qui est en prison à cause du Christ, va jusqu’au bout de son engagement et offre la liberté pour l’esclave Onésime.
« Aime et va jusqu’au bout de ton amour » disait Saint Augustin.
Alors, dénouons nos liens de servitude, libérons nos frères enchaînés, et la nuit de nos combats sera lumière de midi.

Vincent Moreau

COMMENTAIRE DE LA LETTRE DE PAUL A PHILEMON
Avec Paul, on va jusqu’au bout….
Paul est en prison, à cause de l’Evangile,
Paul est un vieil homme.
Or ce vieillard, dans la déréliction de la prison,
ne parle aux autres et pour les autres que de liberté.
Il aurait toute raison de conserver auprès de lui le jeune Onésime, qu’il considère comme son enfant.
Mais l’amour chez Paul c’est en acte.
Il le renvoie à Philémon.
Il ne force pas Philémon.
Philémon choisira librement de le prendre ou de ne pas le prendre avec lui.
Mais si tu penses être en communion avec moi, accueille-le comme si c’était moi,
comme un frère bien-aimé,
Accueille-le aussi bien humainement que dans le Seigneur.
Onésime est un esclave.
Ainsi, Paul nous propose d’aimer les petits, les obscurs, les sans grade,
c’est-à-dire les préférés du Christ,
comme des frères bien-aimés ?
…..comme nos enfants ?
Alors ? Qu’est-ce qu’on fait ?
L’amour c’est en acte.

Danielle Mérian

COMMENTAIRE EVANGILE DU JOUR (LUC 14,25-33)

NE PLUS PREFERER CEUX QU’ON AIME, RENONCER A TOUT : LE PASSAGE DE
LUC QUE NOUS VENONS DE LIRE EST ,POUR BENEDICTE ET MOI ,TRES
DERANGEANT PAR SA RADICALITE.
CET EVANGILE NOUS SEMBLE EGALEMENT UN PEU INCOHERENT : IL EST
DEMANDE DE RENONCER A TOUT, COMME CELA A ETE DEMANDE AUSSI AU
JEUNE HOMME RICHE, MAIS, D’ABORD, IL EST PROPOSE DE S’ASSEOIR ; PESER LES RISQUES POUR CONSTRUIRE LA TOUR OU PREPARER LA GUERRE

1. NOTONS D’ABORD QUE L’EXPRESSION « PREFERER A » ADOUCIT LA RADICALITE DE L’INJONCTION ECRITE PAR LUC. LA TRADUCTION PLUS FIDELE DE L’HEBREU DONNE « HAIR » QU’ON NE SAURAIT PRENDRE AU PIED DE LA LETTRE MAIS QUI RENVOIE A L’IDEE D’UNE SEPARATION ET QUI SUPPOSE UN ACTE VIOLENT.
C’EST UN APPEL NON PAS A COUPER TOUT LIEN AVEC L’AUTRE MAIS A
TRANSFORMER LA RELATION
– SE DEFAIRE DES ADHERENCES QUI ENTRAVENT
– MAIS AUSSI DES REPRESENTATIONS QUI ENFERMENT ; MIEUX
RESPECTER SES PROCHES DANS LEUR DESIRS, LEUR VOCATION SINGULIERE
. C’EST AINSI QUE DANS NOTRE COUPLE NOUS EXPERIMENTONS LA NECESSITE, MEME APRES 37 ANS DE MARIAGE, DE NE PAS FIGER L’AUTRE DANS UNE IMAGE, DE LUI PERMETTRE DE VIVRE CE QU’IL DESIRE EN PROFONDEUR.
AVEC LES ENFANTS, IL S’AGIT AUSSI DE RESPECTER LEUR SOUHAIT DE VIVRE UNE VIE PARFOIS RADICALEMENT DIFFERENTE DE LA NOTRE

« HAIR » DANS LE SENS DE SEPARER, C’EST DONC VOULOIR EN DEFINITIVE QUE LES ETRES ACQUIERENT UNE AUTONOMIE AU BENEFICE D’UNE LIBERTE ET D’UN BONHEUR

LA VIOLENCE SOUS-JACENTE, NECESSAIRE A CETTE SEPARATION, EST AVANT TOUT UNE VIOLENCE VIS-A-VIS DE NOUS-MEMES, NOTRE COMPORTEMENT VIS-A-VIS DE NOS PROCHES ET NON UNE VIOLENCE CONTRE EUX.

2. LE « RENONCER A TOUT» DE LA DERNIERE PHRASE EST PLUS LARGE QUE LE « PREFERER JESUS A SA FAMILLE ». IL NE S’AGIT PAS QUE DES SECURITES AFFECTIVES .IL FAUT AUSSI S’ARRACHER AUX SECURITES MATERIELLES ET INTELLECTUELLES
– QUE FAISONS-NOUS DE NOTRE ARGENT ?
– NE CAMPONS NOUS PAS SUR NOS IDEES ? NOS MODES DE
RAISONNEMENT ? A SAINT-MERRI PAR EXEMPLE, N’Y A-T-IL PAS
PARFOIS UN CONFORMISME DE L’ANTICONFORMISME ?

3. LE TEXTE DIT : « RENONCER A TOUT CE QUI LUI APPARTIENT… ».SOMMES NOUS TOUS APPELES AU MARTYR, COMME JESUS ? NON ….. CETTE LIBERATION EST UN CHEMIN PERSONNEL QU’IL FAUT TROUVER
PAR DISCERNEMENT. LES PROPOS SUR LA CONSTRUCTION D’UNE TOUR OU LE DEPART A LA GUERRE S’ECLAIRENT AINSI : NOUS NE DEVONS PAS PARTIR SUR UN COUP DE TETE OU LA FLEUR AU FUSIL. CAR, ENSUITE, NOTRE ENGAGEMENT POUR REALISER NOTRE VOCATION LIBREMENT CHOISIE DOIT ETRE TOTAL.
IL FAUT ALLER JUSQU’AU BOUT, ASSUMER DANS LA DUREE LA NOUVELLE
FACON D’ETRE A LAQUELLE NOUS AVONS ETE APPELES PERSONNELLEMENT.
LE « AMA ET FAC QUOD VIS » DE SAINT AUGUSTIN N’EST PAS « AIME ET FAIS CE QUE TU VEUX » MAIS « AIME ET VA JUSQU’AU BOUT DE TON AMOUR»

Bénédicte et Pascal Gambiez

Prière pour la Syrie
Depuis plus de deux ans, le peuple syrien subit une épreuve dramatique : plus de 100 000 morts, deux millions de réfugiés, des milliers de sans abris et sans ressources, des quartiers entiers de villes détruits, une insécurité absolue….

Du problème syrien on discute abondamment dans les démocraties occidentales. Il est à craindre que nos dirigeants empêtrés dans leurs contradictions ne parviennent qu’à des mesures qui ne changeront rien, ou pire, qui n’aboutiront qu’à une surenchère de la violence.
Devant un tel désastre, nous souffrons de nous sentir impuissants.

Mais nous ne le sommes pas complètement.
Des gestes de fraternité, la prière, peuvent être un réconfort pour nos frères syriens. Nous remercions le pape François de son initiative de recommander une journée de prière et de jeûne pour la Syrie.

Nous pouvons aussi nous soucier de l’accueil réservé aux réfugiés syriens (encore peu nombreux en France) et demander à nos gouvernants de leur ouvrir largement et rapidement le droit au statut de réfugiés politiques.
Enfin des gestes de partage peuvent aider à la survie de populations démunies sur place ou dans les pays limitrophes (notamment le Liban)

Seigneur, que ton Esprit présent en chacun de nous, nous inspire les attitudes et les gestes qui contribueront au retour de la paix en Syrie.

<

p align= »right »>Robert Picard