Christ de Gala Savator Dali 1978

Aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis !

Dimanche 24 novembre 2019

PREMIÈRE LECTURE  (2 S 5, 1-3)
« Ils donnèrent l’onction à David
pour le faire roi sur Israël »
PSAUME  (Ps 121 (122), 1-2, 3-4, 5-6)
Dans la joie, nous irons
à la maison du Seigneur.
DEUXIÈME LECTURE  (Col 1, 12-20)
« Dieu nous a placés dans
le Royaume de son Fils bien-aimé »
ÉVANGILE  (Lc 23, 35-43)
« Jésus, souviens-toi de moi quand
tu viendras dans ton Royaume »

Prière universelle

Au lendemain de notre assemblée communautaire et au moment où nous votons pour renouveler l’équipe pastorale, Seigneur, nous te confions la Communauté de Saint-Merry.
Nous te confions d’abord Alexandre, notre responsable. Que nous sachions pleinement l’accueillir et accueillir tout ce qu’il nous apporte. Qu’il découvre, peu à peu, au-delà de la surprise ou des interrogations, toute la richesse de ce qui se vit à Saint-Merry, dans nos célébrations dominicales, dans nos activités, dans nos engagements.
Nous te confions les membres de l’équipe pastorale, prêtres et laïcs, les membres actuels et les futurs élus. Qu’ils demeurent à tout moment au service de la Communauté et qu’ils sachent l’orienter pour inventer le Saint-Merry de demain et renouveler la mission qui nous est confiée.
Nous te confions celles et ceux qui ont une mission visible ou cachée au service de la Communauté. Qu’ils agissent toujours dans le sens du bien commun et non pour se faire valoir ou pour défendre une place ou un pouvoir.
Nous te confions enfin chacune et chacun d’entre nous, pour que nous ayons toujours le souci de l’unité, en n’oubliant jamais que le Christ qui nous rassemble est plus fort que nos divisions.
En ce moment de renouvellement et de nouveau départ, envoie ton Esprit sur toute notre Communauté, afin qu’elle construise ton Royaume, un Royaume de paix, d’audace, de fraternité et d’ouverture au monde.

Seigneur, nous te prions.

Vincent Moreau

Homélie

Non je ne fais pas de la publicité pour un bar ou un hôtel en proximité de l’église, qui devrait d’ailleurs nous verser des royalties… Je ne fais que rappeler l’une des données fondamentales de la vie chrétienne : le Royaume de Dieu commence dès que nous sommes unis profondément au Christ.
Ce Royaume commence avec l’un des parias de la société, un réprouvé capable d’une parole de vérité au moment ultime, dans une situation qui déjoue toutes les attentes, l’idée d’un Roi venu établir par la force, par le consentement mutuel comme dans la première lecture  au 2e livre de Samuel une alliance avec son peuple.

La plénitude que nous propose le Christ n’est pas de cet ordre, lui qui n’accapare pas le pouvoir, la puissance mais qui s’ouvre à tous, qui pardonne inconditionnellement, qui prend sur Lui, qui fait jaillir à tout instant, même le plus critique, les paroles de vie, de salut. Le caractère inouï de l’échange entre Jésus et le Bon Larron devrait nous inviter à croire qu’aucune situation n’est irrémédiablement et définitivement perdue, que la rétribution ne tient pas à nos mérites mais à la dynamique de la foi.
L’humanité du « Bon Larron » est basée sur le souvenir de Dieu. Or Dieu garde en mémoire tout ce qui a pu être réalisé, non à la manière d’un comptable scrupuleux mais en ouvrant son cœur et ses bras sur ce qui peut sembler le plus réprouvé.
Renversement de la table valeurs, conversion du regard, assurément !
Jésus respecte cet homme placé au dernier rang de la société, un rebut, un déchet aurait dit le pape, pour le convier au banquet de son Royaume. Il ne cède pas à la tyrannie des représentations mais établit avec lui une relation de confiance. Il sait l’écouter et le comprendre. Il sait lui laisser prendre l’initiative d’une parole de vie à l’heure où il est à l’article de la mort.
Bien plus, il s’identifie à son propre sort. Il ne souffre pas en apparence. Il ne laisse pas un autre prendre sa place. Il va jusqu’au bout de son chemin si surprenant d’humanité. Dès lors, un horizon de sens s’ouvre. La vie est désormais orientée, polarisée. Elle naît à nouveau dans les conditions extrêmes. Une raison d’être est retrouvée.

Et aujourd’hui ?

Inutile de dire qu’un tel projet bouscule encore tous ceux qui font passer le respect absolu de la Loi avant l’accueil miséricordieux, tous ceux qui n’ouvrent pas les yeux sur les détresses de tous ordres de ce monde, les souffrances, les écartèlements de nos contemporains au travail ou dans leur milieu d’origine, qui sont victimes de violence verbale ou physique, de la relégation et de l’enfermement.
Ce qui me plait dans cet Évangile, paradoxalement, ce n’est pas la verticalité mais l’horizontalité. Jésus les bras en croix est encore capable de se mettre à hauteur d’homme, de faire renaître l’estime de soi et la prise en compte de l’autre, des souvenirs heureux et le projet de vie, l’appartenance à un collectif. Comment ne pas penser qu’un tel Évangile peut fonder un projet de société, ou du moins, aider à renouveler notre projet pastoral ?

Jusqu’au bout nous sommes, nous sommes tous responsables les uns des autres, non pour être écrasés sous la charge,  mais pour répondre à l’invitation « qu’as-tu fait de ton frère ? »

Pour prolonger :

J.-F. PETIT, M. CANNIOU (dir.), Dignité sans frontières. Une mémoire à libérer, une histoire à construire, Karthala, 2019.
Actes d’un colloque sur l’interculturel où est intervenu Guy Aurenche.

  1. J-F. PETIT (dir.), La crise moderniste revisitée, Karthala, 2019. Pour comprendre des éléments historiques de la crise ecclésiale actuelle.

J.-F. PETIT « Xavier de Chalendar (1923-2015), un acteur majeur des transformations postconciliaires à Paris », dans : C. COUTEL, O. ROTA (dir), Se faire apôtre du XIXe siècle à nos jours. L’Eglise catholique et les différents régimes d’apostolat dans le monde moderne, Parole et silence, 2019, pp. 317-328

Jean-François PETIT

 

Tags from the story
, ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.