Ça n’a pas de prix

Bien compliquée que cette question de la remise d’un prix pour la paix, surtout quand ce prix se veut récompenser celle ou celui qui a le plus ou le mieux agi en faveur de la paix… Comment évaluer, comparer et discerner ce qui est méritant, sans déprécier ni exclure, alors que peu se retrouvent sous les feux de la rampe, et que c’est précisément cela qui leur donne de l’importance et les fait remarquer de tous ?

Or combien de personnes agissent pour la paix avec ténacité et courage, et ne seront jamais distinguées, jamais (re)connues ? Non pas qu’un prix d’envergure internationale n’ait pas d’intérêt ; il donne à entendre une autre réalité que celle qui fait habituellement la une des journaux, il fait connaître des femmes et des hommes, ou des communautés, dont l’action devient modèle potentiel pour tout un chacun. Nous voilà, au plan mondial, rappelés à l’urgence de l’audace et du combat quotidien pour rendre la terre plus habitable ! Certes il y a du bruit, de la lumière, des félicitations, et sans doute aussi des déceptions et des sentiments d’injustice. Et bientôt, de nouveau, le silence et la confidentialité des vies quotidiennes. Et si nous nous souvenions que ce silence est habité… « Ton Père voit dans le secret » (Matt. 6). Et ça, ça n’a pas de prix.

Benoît