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Dimanche 31 mai. “Chacun selon l’Esprit”

Fête de la Pentecôte

PREMIÈRE LECTURE (Ac 2, 1-11)
« Tous furent remplis de l’Esprit Saint et se mirent à parler en d’autres langues »
PSAUME 103 (104), 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34)
Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !
DEUXIÈME LECTURE (1 Co 12, 3b-7.12-13)
« C’est dans un unique Esprit que nous tous avons été baptisés pour former un seul corps »
ÉVANGILE (Jn 20, 19-23)
« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint »

Disponibles à l’Esprit

Bonjour à tous.
C’est avec beaucoup de joie qu’aujourd’hui nous nous retrouvons, après deux mois et demi d‘isolement, un temps où la communauté était invisible, mais où nous sommes restés en relation par la prière et divers moyens techniques. Un temps où nous avons eu des joies, l’attention d’un voisin, le coup de téléphone inattendu, mais aussi de grandes peines quand nous n’avons pas pu visiter un malade, accompagner les derniers moments d’un proche.
Malgré les contraintes du moment, nous nous rassemblons ce jour pour porter ces évènements dans la prière, pour célébrer ensemble, faire église. L’église, c’est l’assemblée, c’est notre assemblée.
Laissons-nous bousculer par la Parole ; que chacun l’entende dans sa langue. Soyons disponibles à l’Esprit pour inventer, pour créer, pour vivre cette nouvelle période.
                               Invente avec ton Dieu l’avenir qu’il te donne
                               Invente avec ton Dieu tout un monde nouveau.

Hélène Perrin

Le souffle de Pentecôte

Nous connaissons tellement ces textes où tant de symboles sont mobilisés pour déverrouiller la demeure du Cénacle. Pour laisser entrer le souffle de Pentecôte qui vient du dehors. Pour vivre un Babel inversé. Mais qui revêt toujours une actualité aussi brûlante que les langues de feu.

La Pentecôte, enluminure d’un missel anglais ca. 1310-1320

Combien de fois, hier comme aujourd’hui, l’Esprit n’a-t-il soufflé sur les hommes, sur les communautés, sur les institutions, bouleversant l’histoire du monde, donc l’histoire de « l’Église » ? Combien de fois, les fenêtres des temples ont-elles été non pas seulement ouvertes mais littéralement détachées de leurs ferrures rouillées par ce souffle-là afin que les langages de la création, en verbe de feu, disent alors les merveilles de Dieu de manière intelligible pour chaque culture grâce au don de l’Esprit ?
Afin que la diversité complémentaire, l’attention fraternelle, l’invention offerte  soient portées par notre écoute de l’Esprit. Car plus l’on écoute, plus la vie l’emporte. Mais combien de fois, hier comme aujourd’hui, lentement, patiemment, sournoisement, des hommes de système ont refermé les lourdes portes des temples, ont étouffé ce qui avait crû, ce que l’on avait espéré voir advenir dans la vérité, ont confondu sciemment universalité et uniformité.
Combien de fois ont-ils prétendu créer du neuf en ne reproduisant que du vieux ? Et au nom de quoi, au fait ? Du pouvoir qu’ils se sont octroyé ? du brouillage d’une identité sacralisée ?
Au nom d’une tradition qui n’est vivante que si elle se renouvelle ?
Peut-être. Mais plus encore à cause de la peur, celle de tout perdre ou seulement un peu. Or, justement, c’est de la peur dont les disciples n’ont plus peur. Ils sortent, ils parlent à qui se présente, en étrangers de leur culture, ils affrontent à leurs risques et périls les autorités.
Pour quoi  au fait ? Pour témoigner de ce qu’ils ont vécu, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité et l’accomplir à leur mesure, là où ils sont, en leur temps.
Quel exemple à écrire, à vivre pour notre temps. Hier comme aujourd’hui, si le Seigneur murmure à chacun-e de nous son amour par la brise légère, son Esprit, lui, nous enveloppe pour que nous vivions et avancions ensemble, selon nos charismes propres, dans la liberté des enfants de Dieu.

Alain Cabantous

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Nous voici réunis en ce jour de la Pentecôte, Dieu notre Père, pour te rendre grâce, pour te remercier. Comme il est habituel et logique nous commençons par te remercier pour la création dont tu es l’origine. Aujourd’hui c’est particulièrement approprié car elle brille de tous les couleurs de la nouveauté. Et nous pouvons, une fois de plus, nous régaler de sa beauté qui nous éblouit toujours et encore. On ne se lasse pas des fleurs, des oiseaux, des cieux bleus où brille un soleil généreux.
Nous te remercions aujourd’hui plus particulièrement pour ceux et celles qui, au péril de leur vie souvent, soignent et s’occupent des hommes et de femmes malades, en ce temps de pandémie, notamment.
Nous te remercions surtout pour ton fils Jésus-Christ, l’un des nôtres qui a pris sur Lui toutes nos maladies et en nous donnant sa vie nous a définitivement guéris. Et aujourd’hui nous te remercions pour le don de l’Esprit qui garantit nos libertés, le respect de tous et de nos différences, qui constituent nos richesses.
Pour tant de merveilles, nous te remercions et nous te chantons.

Oui, il a pris toutes nos maladies, nombreuses, mais surtout celle de la mort. Et pas seulement dans les mots, mais réellement. Il est mort sur la croix. Moqué, ricané, ridiculisé par tous. Mais ton Esprit, dont nous bénéficions aussi, l’a libéré des liens de la mort et il est ressuscité. Que ce même Esprit vienne aujourd’hui encore sur ces offrandes et en fasse le signe visible du corps et du sang de Jésus, ton fils et notre Seigneur.
C’est cela que nous faisons aujourd’hui, son mémorial, comme il nous a dit de le faire. Mémorial de sa vie, de sa mort et de sa résurrection. Et nous attendons qu’il revienne.
Dieu notre Père, tu sais mieux que nous qu’il est difficile de conjuguer unité et différences, de les articuler harmonieusement.  C’est pour cela que nous faisons appel à toi. Que ton Esprit nous aide à cultiver l’unité. Qu’il nous assiste à entretenir les différences. Ton Eglise, notre Eglise a été toujours attirée par la culture de l’uniformité, par la suppression des différences. Qu’elle soit un foyer non pas de divisions mais où l’union est primordiale et le respect des différences essentiel. Que personne n’y soit étouffé au service de l’unanimité mais qu’elle soit un lieu où tous respirent le même air de l’amour, mais chacun à son rythme et à son aise.

Jesùs Asurmendi

Envoi

Cette première célébration de reprise se termine.
Nous avons partagé un moment de prière en communauté. Nous avons entendu dans l’évangile : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Laissons-nous conduire par l’Esprit vers les autres.

Hélène Perrin

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  1. Martine Rigaudière-Real says:

    Alain, je te remercie du fond du coeur pour ton commentaire. Simple et vrai, accessible à tous et qui ose dire tout haut ce que “la peur” engendre. Entretenue par des traditions pétrifiées au cours des temps, puisque récupérées non pas pour libérer l’Homme mais pour le tenir, frileux, hors d’état de penser.

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