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Des célébrations sans prêtre ?

Nous ne sommes pas toujours à Saint-Merry ; depuis 20 ans, nous nous réunissons le dimanche matin à quelques-uns, dans la sacristie d’une petite église proche de Fontainebleau, pour lire les textes du jour et les commenter en toute liberté. Chacun peut proposer une méditation ou une prière. Après le Notre Père, nous partageons simplement le pain que j’ai pétri moi-même au petit matin. Une fois par mois un pique-nique amical suit la célébration.

Soyons clairs : nous n’avons aucun stock d’hosties délivrées par Chronopost ! Le partage du pain est d’abord un geste fraternel qui nous relie simplement à celui que pratiquait Jésus avant l’institution du sacrement. Nous ne voulons pas singer la messe. Notre célébration est centrée sur les textes, préparés par chacun à la lumière de ses recherches personnelles (bibliques ou contemporaines), qui permettent d’échanger questions et interprétations d’une manière vivante et décomplexée ; sans oublier de nous demander ce que les textes signifient aujourd’hui pour nous, pourquoi telle parole nous touche, tandis que telle autre nous choque ou nous paraît archaïque.

Comment expliquer la progressive disparition des ADAP (Assemblées dominicales en l’absence de prêtres) des années 70 ? S’agit-il d’une désaffection due à une certaine frilosité de laïcs devant la parole biblique sacralisée, ou de l’effet de discrètes pressions venues du clergé ? En tout cas nous osons croire que de jeunes chrétiens sauront poursuivre notre recherche, et seront capables d’imaginer de nouvelles formes de rassemblement.

Bernard B.

Billet du dimanche 1er décembre 2019

3 Comments

  • Je suis en plein accord avec votre billet du dimanche 1er décembre, je regrette comme vous la disparition progressive des ADAP et je souhaite que de jeunes chrétiens seront capables d’imaginer de nouvelles formes de rassemblement. Je vous signale le chapitre « Du vin et du pain en mémoire de Jésus », pages 20 à 22 du livre de José Arregi: Éclats d’humanité dont nous devons parler avec Jesus Asurmendi en janvier. Mais une fois de plus je regrette l’absence de « trombinoscope » dans la communication écrite à St-Merry. Je comprends que l’on puisse ne pas souhaiter rendre publique son appartenance à une communauté religieuse, mais tout le monde n »est pas dans ce cas. Après avoir appelé sans succès Bernard Sadier puis Bernard Reis, j »aimerais poursuivre le dialogue avec l’inconnu qui signe Bernard B. et lui faire part de mon amitié.
    Jean Verrier

  • Bernard, dans le « Et qu’en pensez-vous ? » du 1er décembre nous fait part de son expérience de célébration en l’absence de prêtre au cours de laquelle, après lectures, discussions et méditation des textes du jour, il partage le pain avec sa communauté. Il nous affirme ne pas vouloir « singer » la messe. Mais que manquerait-il pour que cette célébration devienne eucharistique ? Un prêtre ? Mais Bernard, par son baptême, n’est-il pas « prêtre, prophète… » ? Jésus-Christ n’est-il pas présent au milieu de cette assemblée réunie en son nom par Bernard ? Le Christ serait-il plus ou moins réellement présent selon qu’un prêtre préside ou non l’assemblée ? Les premières communautés chrétiennes ne célébraient-elles pas l’eucharistie de cette façon avec la bénédiction des apôtres ? La présence réelle serait-t-elle obligatoirement liée à un rite sacré, voire « magique » que seul un « clerc » a le pouvoir d’accomplir ? Or l’eucharistie où le Christ s’offre à son peuple comme nourriture de vie est indispensable à tout un chacun comme subsistance spirituelle. Le clergé qui s’en est réservé l’exclusivité l’a confisquée au peuple de Dieu peut-être en craignant des dérives théologiques qu’il ne pourrait maîtriser mais aussi par peur de perdre le pouvoir que lui confère ce monopole. Les prêtres doivent reconsidérer leur mission dans un sens de rassemblement, de soutien, d’enseignement, d’éveil et d’encouragement aux charismes des communautés. Les évêques, successeurs des apôtres, pourraient-ils enfin refaire confiance au peuple de Dieu ?
    Francis.

  • Le billet de Bernard B. illustre une question lancinante chez moi : si la ville de Paris est encore très privilégiée, en province les églises ferment ou ne sont ouvertes qu’un dimanche tous les deux mois ! faute de prêtres… et de réflexion peut-être des Chrétiens dans ces villages et autres villes : que pouvons-nous et que voulons-nous et qu’osons-nous faire autour de la Parole ?
    Une réflexion à St-Merry pourrait aider celles et ceux qui voudraient oser de nouveaux pas… Je passe beaucoup de temps dans un petit village de Savoie et j’ai déjà interrogé l’été dernier quelques personnes pour savoir si elles et ils seraient intéressé(e)s à lire l’évangile de Jean (pour commencer) ensemble… Je suis partante. Merci Bernard B.

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