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Dimanche 13 décembre. « Soyez toujours dans la joie »

« Je tressaille de joie dans le Seigneur » (Isaïe 61)

Célébration préparée par Alain, Amélie, Bruno, Catherine, Evelyne, Jean-François, Jean-Luc, Joséphine, Marc, Marguerite, Marie-José, Michel, Sylvie, Vincent

Accueil : « Soyez toujours dans la joie » 

Voilà un commandement qui ne manque pas de surprendre. Comment vivre en permanence dans la joie surtout quand les circonstances nous conduisent plutôt au mal-être, à l’inquiétude et à l’anxiété ?
Comme nous allons le redécouvrir dans les textes de ce dimanche, il s’agit, bien sûr, de tout autre chose. La joie, la vraie, est avant tout un cadeau de Dieu : c’est l’un des grands messages de la Bible que reprend à sa manière l’apôtre Paul. Mais bien d’autres voix se sont élevées avant lui pour célébrer cette joie qui vient de Dieu. À l’image du prophète Isaïe qui la magnifie de façon extrêmement poétique dans la première lecture.
Ce que ces textes nous rappellent, c’est que la joie trouve sa source dans notre foi et qu’elle s’entretient constamment dans notre relation à Dieu, ce Dieu fidèle et qui tient promesse, insiste Paul, lumière dans nos ténèbres selon l’Evangile de Jean, avant tout désireux du bonheur de tous les hommes, comme s’en réjouit Isaïe.
Chrétiens, nous avons vocation à la joie.
C’est avec cette certitude que nous pouvons entrer dans notre célébration.

Michel

Chant : Appelés par le Christ. Paroles et musique : Maurice Roger

Appelés par le Christ à semer l’espérance
Faire entendre sa voix aux hommes d’aujourd’hui
Envoyés par le Christ aux chemins de l’Alliance
Devenons ses témoins, prophètes de la Vie

Écoutons Jean-Baptiste, en avant du Seigneur
Serviteurs de ta Parole, nous sommes ton corps
Accueillons la Parole, préparons notre cœur
Messagers de l’Évangile, fais de nous ton corps

Dans nos joies, dans nos doutes, ta lumière nous conduit
Serviteurs de ta Parole, nous sommes ton corps
Et ton Royaume est proche ; bienheureux les petits
Messagers de l’Évangile, fais de nous ton corps

Lecture du livre du prophète Isaïe (Is 61, 1-2a.10-11)

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles,
guérir ceux qui ont le cœur brisé,
proclamer aux captifs leur délivrance,
aux prisonniers leur libération,
proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Je tressaille de joie dans le Seigneur,
mon âme exulte en mon Dieu.
Car il m’a vêtue des vêtements du salut,
il m’a couverte du manteau de la justice,
comme le jeune marié orné du diadème,
la jeune mariée que parent ses joyaux.
Comme la terre fait éclore son germe,
et le jardin, germer ses semences,
le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange
devant toutes les nations.

Cantique (Lc 1, 46b-48, 49-50, 53-54)

Magnifique est le Seigneur, 
Tout mon cœur pour chanter Dieu, 
Magnifique est le Seigneur

Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour.

Invitation à vivre dans la joie, la prière et l’action de grâce

Fra Angelico, Magnificat, 1450, couvent de San Marco

Paul écrit à ses frères de Thessalonique. Thessalonique, nœud commercial, port cosmopolite, ville siège d’un proconsul représentant direct du sénat romain, ville d’importance donc. Paul a fondé avec Silas et Timothée l’église de Thessalonique vraisemblablement en l’an 50 : évangélisation pleine de succès auprès des païens, prosélytes et juifs mais évangélisation de courte durée, interrompue par les réactions violentes de l’importante communauté juive entraînant la fuite de l’apôtre. Paul vit dans le souci et la crainte cette séparation plus longue que prévue. “N’y tenant plus” (3,1 et 5) il envoie Timothée. De retour, Timothée lui apprend que la communauté a persévéré dans la foi ; et Paul d’éclater de joie : “quelle action de grâce pourrions-nous rendre à Dieu à votre sujet pour toute la joie dont nous nous réjouissons à cause de vous, devant notre Dieu” (3, 9).

Joie, douceur et espérance sont les tonalités majeures de cette lettre. 
Ce n’est pas le théologien qui enseigne mais l’apôtre qui rend grâce pour la persévérance de cette église qui accueillit “la Parole en pleine détresse avec la joie de l’Esprit-Saint” (1,6). Ainsi la joie de Paul est une joie née de l’épreuve, des souffrance et insultes. C’est la joie de l’apôtre devant la résistance et la fidélité des Thessaloniciens. Et la joie de Paul est tout autant émerveillement devant ce nouveau signe de la force et de l’efficacité de la Parole de Dieu. 
C’est ici que la joie de Paul rejoint l’espérance : espérance en Dieu et en Dieu le Père (paternité de Dieu dite trois fois dans ce texte, la première épitre de Paul et le plus ancien texte du Nouveau Testament) qui a surabondamment montré sa puissance par la résurrection de Jésus Christ et par l’autorité de sa Parole. Joie et espérance de Paul en cette parole qui est appel, convocation et puissance de rassemblement ; et donc une parole de salut car, pour Dieu, sauver les hommes c’est les rassembler et les rassembler pour les ramener à Lui par et avec le Christ ressuscité (4,14).

Paul prend acte de la conversion à Dieu de ses frères.
Il les exhorte à persévérer dans une vie chrétienne communautaire, dans la sainteté, dans le respect et l’amour de ses frères (cf. 4,2). Cette communauté est “son espérance, sa joie, sa couronne d’orgueil (noter cette triade) dont il pourra se glorifier devant Dieu” (2,19) et pour laquelle il a été “comme une mère réchauffant sur son sein les enfants qu’elle nourrit” (2,7), lui apprenant à se conduire de façon à plaire à Dieu. Cette douceur, cette sollicitude, cette préoccupation maternelle si étonnamment exprimées par Paul sont les traits mêmes que l’apôtre attribue aux pasteurs de la communauté : ces derniers ne sont pas désignés par la primauté ni l’exercice de l’autorité mais par les tâches concrètes de protection et de soin : “ayons de la reconnaissance pour (d’abord) ceux qui peinent parmi vous, (puis) prennent soin de vous dans le Seigneur et (enfin) vous reprennent” (5,12-13).

Cette lettre se termine par des directives pour la vie chrétienne, le culte et la prière. 
Les versets donnés en lecture aujourd’hui sont quasiment les derniers de la lettre. Ce passage est un condensé de triades, un motif littéraire qui vise la totalité, un dit en plénitude : 
            “L’œuvre de votre foi, la peine de votre amour, la persévérance de votre espérance” (1,3) 
pour dire l’intégralité de la condition chrétienne.
            “Réjouissez-vous toujours, priez sans cesse rendez grâce en tout” (5,16)
pour dire pleinement la vie selon la volonté de Dieu. 
            “Gardez votre esprit votre âme et votre corps“, triade unique chez Paul (5,23)
pour dire la totalité de l’être humain. 

Ainsi la joie doit être la tonalité des réunions, la prière incessante et l’action de grâce en toute circonstance ; les phénomènes spirituels, parler en langues, prophéties, destinés à l’édification des fidèles ne peuvent être ignorés mais soumis à l’épreuve et purification du discernement. La prière finale réintroduit l’appel de Dieu à la sainteté. Cependant le mouvement est inversé : Paul ne s’adresse plus aux destinataires de l’appel mais il se réfère à l’auteur, à la source de l’appel, à Dieu et il affirme sobrement “Celui qui vous appelle est fidèle qui aussi fera” (5,24).

Le texte grec ne donne pas de complément d’objet au verbe faire. Dieu n’est pas convoqué pour un faire particulier mais pour son appel, sa fidélité et sa puissance de faire. Ce que le texte dit avec concision, c’est que Celui qui est fidèle fera tout ce qui est contenu dans son appel ; et s’Il nous a appelés pour que “nous vivions dans la sainteté” (4,7), Lui-même, le Dieu de la paix, nous sanctifiera entièrement (littéralement “tout entier, et tout entier de nous, l’esprit et l’âme et le corps” (5,23). 

En ces temps incertains d’épreuve et de déréliction, Paul nous invite à l’imiter et à vivre dans la joie et l’espérance. Rien ne sera perdu car tout est possible à Dieu.

Catherine

Première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (1 Th 5, 16-24)

Frères,
soyez toujours dans la joie, priez sans relâche,
rendez grâce en toute circonstance :
c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.
N’éteignez pas l’Esprit,
ne méprisez pas les prophéties,
mais discernez la valeur de toute chose :
ce qui est bien, gardez-le ;
éloignez-vous de toute espèce de mal.
Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ;
que votre esprit, votre âme et votre corps,
soient tout entiers gardés sans reproche
pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ.
Il est fidèle, Celui qui vous appelle : tout cela, il le fera.

« Au milieu de vous se tient
celui que vous ne connaissez pas »

Jean 1

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 1, 6-8.19-28)

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.
Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière,
afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem
des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? »
Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. »
Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? »
Il répondit : « Je ne le suis pas.
– Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. »
Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ?
Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés.
Que dis-tu sur toi-même ? »

Philippe de Champaigne, Saint Jean-Baptiste,
1675-1700, musée de Grenoble

Il répondit :
« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert :
Redressez le chemin du Seigneur,

comme a dit le prophète Isaïe. »
Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens.
Ils lui posèrent encore cette question :
« Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ,
ni Élie, ni le Prophète ? »
Jean leur répondit :
« Moi, je baptise dans l’eau.
Mais au milieu de vous se tient
celui que vous ne connaissez pas ;
c’est lui qui vient derrière moi,
et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »
Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain,
à l’endroit où Jean baptisait.

Prière universelle

Accueille au creux de tes mains la prière de tes enfants

Tes enfants, nos frères…
Nos frères de religion juive, qui fêtent en ce moment (du 11 au 18 décembre) Hanoukka, la fête de la Lumière…
Nos frères de religion bouddhiste, qui ont fêté l’Éveil de Bouddha le 8 décembre…
Nos frères de religion musulmane, qui sont incompris dans leur foi, trop facilement confondus avec les courants extrémistes du djihadisme ou du terrorisme…
Nos frères qui ne se reconnaissent dans aucune voie religieuse mais qui trouvent sens à leur vie par la fraternité et le partage…
Nos frères chrétiens, qui ont parfois du mal à ouvrir leurs cœurs et leurs mains à leurs autres frères… (Evelyne)

Seigneur, les enfants ont tracé divers chemins lumineux parmi nous pour nous relier à l’autel : ces flammes manifestent le lien fraternel et joyeux qui naît lorsqu’une clarté fait reculer l’ombre. Paul a écrit : « N’éteignez pas l’Esprit ! » Aide-nous à penser à cela si nous avons envie d’éteindre la lumière de celui qui ne pense pas comme nous ; aide-nous à mesurer les ravins de nos préjugés pour les combler. (Marguerite)

Voici deux phrases du Pape François, extraites du chapitre « Dialogue et amitié sociale », de son encyclique Fratelli Tutti. Il nous dit : « Le dialogue persévérant et courageux ne fait pas la une, comme les désaccords et les conflits, mais, il aide discrètement le monde à mieux vivre, beaucoup plus que nous ne pouvons imaginer». Un peu plus loin, il ajoute : « Outillons nos enfants des armes du dialogue, enseignons-leur le bon combat de la rencontre ».
Seigneur, nous te prions pour que cet art du vrai dialogue persévérant, patient, tolérant, accueillant, s’inscrive de plus en plus, au cœur de nos vies et au cœur de nos sociétés.
Seigneur, nous te prions aussi pour un monde plus apaisé, sans Covid ni masques… prochainement… nous l’espérons. (Sylvie)

Le confinement a provoqué et continue de provoquer une dégradation de la situation affective, sociale et économique d’un grand nombre de personnes, notamment les personnes isolées et seules car malades, âgées ou handicapées. Les étudiants n’ont plus les ressources suffisantes pour se loger et poursuivre leurs études, et voient ainsi se profiler un avenir incertain. Les professionnels de la culture, de la restauration et bien d’autres encore, sont confrontés au spectre de la faillite et du chômage. Nombre de ces personnes, nous les rencontrons chaque jour, elles font partie de notre entourage, de notre voisinage. Nous les connaissons ou nous ne les connaissons pas, mais nous leur sommes liés, liés par des liens de fraternité : elles sont nos sœurs, ils sont nos frères, dans le Christ, toutes et tous issues de ce même père que nous invoquons dans la célébration. 
Seigneur, que ton Esprit nous aide à prendre des initiatives pertinentes, à faire preuve de créativité dans nos actes de solidarité pour apporter une présence effective, c’est-à-dire source d’espérance, à ces personnes et aide-nous à partager ton amour pour qu’il leur soit manifesté dans nos gestes quotidiens. (Bruno)

Notre Père

Notre Père, que ton règne vienne sur notre terre !
Mon Dieu, que ton règne vienne sur la terre !

Chant : Si le Père vous appelle T 154-1 (Rimaud – Berthier)

Si le Père vous appelle à aimer comme il vous aime dans le feu de son esprit
Bienheureux êtes-vous
Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance, à lui dire son salut 
Bienheureux êtes-vous
Si l’Église vous appelle à peiner pour le Royaume aux travaux de la moisson 
Bienheureux êtes-vous

Tressaillez de joie, tressaillez de joie
Car vos noms sont inscrits pour toujours dans les cieux !
Tressaillez de joie, tressaillez de joie
Car vos noms sont inscrits dans le cœur de Dieu !

Si le Père vous appelle à la tâche des Apôtres en témoins du seul Pasteur
Bienheureux êtes-vous
Si le monde vous appelle à l’accueil et au partage pour bâtir son unité
Bienheureux êtes-vous
Si l’Église vous appelle à répandre l’Évangile en tout point de l’univers
Bienheureux êtes-vous

Envoi : devenir des passeurs de lumière

Cette joie que nous venons de célébrer n’est pas un optimisme béat. C’est au contraire une dynamique qui nous engage à la partager, notamment dans l’accueil : accueil de l’autre, du différent, de l’étranger. À devenir ainsi des passeurs de lumière.

Michel

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