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Dimanche 24 janvier. « Venez à ma suite »

« Il passe, ce monde tel que nous le voyons » (1 Co 7)

Accueil : un appel car le temps presse

C’est avec beaucoup de plaisir que nous nous retrouvons ce matin, personnes de la communauté et gens de passage, soyez les bienvenus. Au cours de la préparation, prise en charge notamment par trois groupes de solidarité : Commission partage, Solidarités Nouvelles pour le Logement et Solidarités Nouvelles face au Chômage, nous avons évoqué la question du temps qui est présent dans tous les textes. 
Pour Jonas le temps presse : « encore quarante jours et Ninive sera détruite ». « Le temps est limité » nous dit Paul tandis que Jean-Baptiste proclame « les temps sont accomplis ». Temps des hommes, temps eschatologique, comment doit-on le voir ?
Autre point commun des textes c’est l’appel, comme illustré par la phrase du lutrin : « Venez à ma suite ». Le texte de Jonas est à replacer dans le contexte. En effet Jonas, après un premier appel du Seigneur, s’enfuit en bateau. Mais Dieu provoque une tempête. Pour l’apaiser, Jonas est jeté à l’eau. Comme tout le monde, on connaît l’histoire de la baleine ou « il y reste trois jours et trois nuits ». Jonas implore Dieu de le sauver et le Seigneur commande au poisson de le vomir sur le terre ferme.
On voit bien que l’appel de Dieu n’a pas été aussi facile pour Jonas que le laisse penser le texte du jour. Il en est souvent de même pour nous.

Bernard R.

Lecture du livre de Jonas (Jon 3, 1-5.10)

Le prophète Nahum prédit la destruction de Ninive,
enluminure, Constantinople

La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne,
proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive,
selon la parole du Seigneur.
Or, Ninive était une ville extraordinairement grande :
il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine
en proclamant :
« Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu.
Ils annoncèrent un jeûne, et tous,
du plus grand au plus petit,
se vêtirent de toile à sac.
En voyant leur réaction,
et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise,
Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

Psaume 24

Seigneur, enseigne-moi tes chemins

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (1 Co 7, 29-31)

Frères, je dois vous le dire : le temps est limité.
Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme,
ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas,
ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas,
ceux qui font des achats, comme s’ils ne possédaient rien,
ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas vraiment.
Car il passe, ce monde tel que nous le voyons.

Un temps compté

Un peu déroutantes ces injonctions de Paul : on ne peut plus se marier, et même est-ce encore la peine de se marier ? On ne peut plus pleurer, être joyeux, acheter… Mais dans quel monde sommes-nous ??? Dans celui d’une attente, celle du retour imminent du Christ qui semble un temps suspendu, un temps compté.
Ce qui a retenu notre attention pendant la préparation, a été la question du temps, « Je dois vous le dire : le temps est limité », un temps qui passe, un monde qui change « n’est pas tel que nous le voyons… » nous dit Paul.
Que veut-il donc nous dire ?… Il nous propose un détachement, nous invite à une conversion, à changer de regard… à nous décentrer de nous-même pour porter la Bonne Nouvelle comme Jésus le demandera aux apôtres en les invitant à sa suite.
Se décentrer de soi-même pour porter son regard vers les autres, ceux qui ont besoin de nous, de notre aide comme les chercheurs d’emploi, de logement, les sans-eau en Afrique, les sans-papiers… tous ceux que nos associations de Solidarité vont croiser et soutenir.
Saint Paul, comme les premiers chrétiens, est dans une pensée eschatologique où la parousie manifeste cette idée d’urgence car le temps est limité… 
Quelle est l’urgence aujourd’hui ? Les temps difficiles que nous traversons mettent en exergue les souffrances de beaucoup et plus encore, creusant le fossé des inégalités. Mais l’urgence est surtout dans l’intolérable de nos frères laissés au bord du chemin tandis que le temps se déroule pour eux comme pour nous. Voilà une bonne raison de partir à sa suite…

Sylvie de B.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 14-20)

Après l’arrestation de Jean le Baptiste,
Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait :
« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche.
Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée,
Jésus vit Simon et André, le frère de Simon,
en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit :
« Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean,
qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela.
Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers,
ils partirent à sa suite.

Constance

L’évangile d’aujourd’hui appelle quelques réflexions. On peut être partisan du coup de foudre comme pour les premiers disciples, qui, au premier appel de Jésus, laissant tout en plan, le suivent. Le problème qui se pose par la suite est la constance dans la réponse première. Pierre a tenté de faire fléchir Jésus et ne voulait rien savoir de la croix. Il l’a renié trois fois par la suite. On peut dire que Pierre a été constant dans le… reniement.
Le « coup de foudre » est plus excitant, plus satisfaisant émotionnellement. Mais le « au jour le jour », quand le ciel est gris et l’avenir n’a rien de motivant… Et pourtant c’est là que notre foi nous attend. C’est là que le Seigneur nous attend. Demandons-lui de l’aide, sa présence, du courage.

Jesús Asurmendi

Chant : Car depuis qu’il est venu (paroles et musique : Robert Lebel)

Quand tu n’acceptes plus la route de la mort,
Le cœur déçu et sans courage
Rappelle-toi Jésus…
Rappelle-toi son corps rempli d’une clarté sans âge !

Car depuis qu’il est venu
En nous tout a changé
Un monde est disparu
Un autre monde est né !
Depuis qu’il est venu…

Quand tu ne trouves plus sur l’arbre de ta vie,
Ces fruits qui pourtant devaient naître…
Rappelle-toi Jésus
Qui vient par son Esprit t’offrir la chance de renaître.

Et quand tu n’oses plus rentrer à la maison
Gêné de tes jours de faiblesse,
Rappelle-toi Jésus
Qui veut dans son pardon ouvrir ton cœur à sa tendresse.

Quand tu n’arrives plus à croire en l’avenir
Devant tes luttes infécondes
Rappelle-toi Jésus
Et son règne à venir germé déjà au cœur du monde.

Des communautés en lien dans la durée

Photo by Ben White on Unsplash

La Commission Partage – solidarité internationale – est chargée par la communauté de Saint-Merry de répartir, au profit des pays en développement, une petite partie de ses ressources. Le plus important n’est pas cette aide financière, mais le lien qu’elle permet de créer entre notre communauté et chacune de celles que nous appuyons. Ce lien exprime une confiance fondamentale en la capacité de ces amis lointains à agir et à être debout.
La relation est en elle-même enrichissante : elle nous interpelle et les représentants de ces communautés nous disent combien le fait d’être considérés les encouragent. Des échanges se réalisent par mail ou par Skype et parfois avec la visite des uns ou des autres. Les critères de choix pour un projet sont les suivants :

  • Projet de taille modeste. 
  • Toujours présenté par une personne de la communauté de Saint-Merry.
  • Limité dans le temps pour ne pas établir un lien de dépendance.
  • Mené par une dynamique locale qui nous permette de créer des liens avec des personnes ; liens qui peuvent s’inscrire dans la durée.

Nos partenaires s’engagent sur un usage précis de notre apport, et nous en font part. Nous voulons que ce lien créé nous transforme ici en France. Il nous amène à réfléchir à des questions de société qui nous concernent aussi chez nous ! Les modes de vie si différents des personnes que nous apprenons à connaître, leurs cultures, leurs valeurs peuvent nous déplacer si nous savons nous y ouvrir.

La Commission Partage 

Prières des groupes de solidarité

Merci Seigneur pour le courage des étudiants de Gaza qui ont à cœur d’éduquer les plus jeunes dans l’esprit de non-violence.
Merci pour les cinquante jeunes filles de Mailao, petit village du Tchad. Au lieu d’être mariées à 12-13 ans ou obligées de travailler aux champs, elles sont maintenant, selon leur souhait, scolarisées au même titre que les garçons.
Seigneur, donne à notre communauté le désir de continuer ces actions, y compris à Madagascar,
et de conserver les liens créés avec la Roumanie et le Mexique.

Que nous restions prêts à soutenir nos sœurs et nos frères de là-bas,
et que le lien avec eux nous altère et nous transforme.

Geneviève PM pour la Commission Partage

Seigneur, tu sais ce que c’est que de naître sur la paille. Loin de chez soi.
Nous te prions pour les réfugiés que nous hébergeons.
Aide-les à retrouver en France une nouvelle terre mère où ils pourront vivre dans la paix et l’espérance.
Nous te supplions aussi pour ceux qui, fuyant la guerre ou la famine, se retrouvent désemparés au milieu de la mer. Assiste aussi tous les marins et les sauveteurs de « SOS Méditerranée » qui viennent de repartir à leur recherche sur le navire « ocean viking ». Ils ont besoin de toi, donne-leur courage et force.

Bernard S. pour SNL

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Comme il est habituel, nous voici réunis, Dieu notre Père, pour te rendre grâce.
Tout d’abord pour la création, exemple et modèle d’harmonie. Mais pas d’une harmonie faite de similitudes et de symétries. Pas des carrés parfaits, des cubes impeccables, des ronds finis. Non, ta création a et est le fruit de la non-similitude et de la non-symétrie. Elle est le produit achevé de l’harmonie discordante. Cette création de nouveautés inachevées et à parfaire, tu l’as laissée dans nos mains. Nous te remercions pour la confiance et la responsabilité confiées à l’humanité dont nous faisons partie. 
Nous te remercions surtout pour le Fils que tu nous as donné, Jésus Christ, notre horizon de sens, notre modèle que nous tentons, bien que mal, de suivre. Avec tout le ciel et avec toute la terre nous te rendons grâce.
La constance est à ne pas confondre avec l’obsession. Il faut être malade pour être obsédé par la croix. Jésus savait ce qui l’attendait mais il a consciemment continué sur le chemin qui l’a conduit sur la croix. L’Esprit était à l’œuvre. Et par lui tu ne l’as pas laissé disparaître dans le néant. Au contraire, grâce à l’Esprit, il est devenu le premier des vivants. Que ce même Esprit vienne à ces offrandes, ce pain et ce vin, de telle sorte qu’ils deviennent les signes du Corps et du Sang de ton Fils Jésus-Christ, notre Seigneur. 
Nous faisons ce qu’il nous a demandé de faire : son mémorial. Mémorial de sa mort et de sa résurrection. Et nous l’attendons jusqu’à ce qu’il revienne.
Pour les vivants et pour les morts nous te prions.
La constance, c’est ce qui nous manque souvent le plus. Nous te demandons, Dieu notre Père, que ton Esprit vienne à l’aide de notre faiblesse, de notre fragile constance et qu’ainsi tous ceux qui partagent le repas du Seigneur deviennent son Corps et son Sang, le Corps du Christ.
Nous te prions aujourd’hui pour nos frères protestants et orthodoxes, pour qu’ensemble nous cheminions vers l’unité faite des différences et du respect de l’autre. 

Jesús Asurmendi

Chant : Il faut partir (paroles : CPHB – musique L. Boldrini)

Il faut partir, le temps nous presse
Hors des temples et de nos maisons.
Dieu nous offre aussi sa tendresse
Il sait déjà où nous allons.

Gens des voyages, témoignons,
Sans pain, sans argent, sans bâton,
En toutes langues de la vie
Chantées au souffle de l’Esprit.

Gens des rencontres imprévues,
Quand Emmaüs nous réunit
Le pain nouveau nous est rompu
Partage au souffle de l’Esprit

Gens de la Pâque, il est grand temps !
Le tombeau vide nous le dit :
Dieu n’est jamais où tu l’attends,
Partons au souffle de l’Esprit.

Envoi : allons à la rencontre !

Comme nous venons de le chanter, « Il faut partir le temps nous presse » mais nous pouvons prendre encore un peu de temps afin de rencontrer des personnes impliquées dans les trois groupes de solidarité : la Commission partage, SNL et SNC. 

Bernard R.

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