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Dimanche 7 février. « Jésus guérit. Jésus libère. »

Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle. (Job 7)

Cette célébration a eu lieu en présence des enfants de l’éveil à la foi et le groupe des 7-11 ans.

Accueil : annoncer l’Évangile, c’est libérer l’homme

Bonjour et bienvenue à tous, que vous soyez de passage ou habitué de notre communauté. Bienvenue aux enfants qui nous apportent la joie de leur présence. Nous étions treize à préparer la célébration, à écouter la plainte de Job et à accueillir le récit de l’action de Jésus, action de guérison et de libération. Laissons-nous bousculer et surprendre, et entrons avec confiance dans la célébration, nous qui sommes réunis au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Marianne G.

Job, un homme de dialogue 

Job, homme juste et fidèle à Dieu, passe du bonheur à la misère la plus totale. Il dit : « depuis des mois, je n’ai en partage que le néant ».
Ce propos ne résonne-t-il pas aujourd’hui en chacune et chacun d’entre nous, jeunes comme aînés, vulnérables dans notre santé, dans notre moral, dans nos activités bousculées, dans nos relations sociales auxquelles nous tenons tant, et mises en veilleuse.
Mais ce que ne nous dit pas ce passage, c’est que Job maintient le dialogue avec Dieu, un dialogue douloureux fait d’incompréhensions, de révoltes, mais un dialogue obstiné. Ce livre de Job fait passerelle avec le texte de Marc que nous retrouverons dans l’évangile où Jésus guérit.

André L.

Job, Livre d’heures de Henri II fol. 73v, 16e s., BnF

Lecture du livre de Job (7,1-4, 6-7)

Job prit la parole et dit :
« Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée,
il fait des journées de manœuvre.
Comme l’esclave qui désire un peu d’ombre,
comme le manœuvre qui attend sa paye,
depuis des mois je n’ai en partage que le néant,
je ne compte que des nuits de souffrance.
À peine couché, je me dis :
“Quand pourrai-je me lever ?”
Le soir n’en finit pas : 
je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube.
Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand,
ils s’achèvent faute de fil.
Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle,
mes yeux ne verront plus le bonheur. »

Psaume 146

Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures !

Il est bon de fêter notre Dieu,
il est beau de chanter sa louange :
il guérit les cœurs brisés
et soigne leurs blessures.

Il compte le nombre des étoiles,
il donne à chacune un nom ;
il est grand, il est fort, notre Maître :
nul n’a mesuré son intelligence.

Le Seigneur élève les humbles
et rabaisse jusqu’à terre les impies.
Entonnez pour le Seigneur l’action de grâce,
jouez pour notre Dieu sur la cithare !

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 29-39) 

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm,
Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

John Bridges, Guérison de la belle-mère de Pierre, 1839, Museum of Art, Birmingham

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal
ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ;
il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.
Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit :
« Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ;
car c’est pour cela que je suis sorti. »
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,
et expulsant les démons.

Jésus remet sur le chemin du bonheur. Commentaire à l’attention des enfants.

J’ai été saisie par des mots qui paraissaient en contradiction avec ce que je crois. Démon, cinq fois cité. Expulsion, qui fait penser aux miracles et je ne crois pas que Jésus soit un magicien qui expulse nos petits ou gros démons noirs et rouges. L’évangile n’est pas le monde d’Harry Potter où des sorciers expulsent des esprits maléfiques…  
On dit que Jésus est venu proclamer l’évangile, ou annoncer la Bonne nouvelle, qu’il invite à la nouvelle alliance. Que veulent dire ces grands mots ?

L’évangile de Marc est très concret. On dirait un gros plan sur 24h-dans-la-vie-de-Jésus, très précis dans le temps et dans l’espace. C’est un peu une réponse au grand désespoir de Job, une photo de la difficulté à vivre de l’humanité à travers les temps et les espaces. C’est la tristesse du coup d’état en Birmanie, des restaurateurs qui ferment, des jeunes désœuvrés, des miséreux et des martyrisés… 

Face à cela Marc dit que Jésus proclame l’évangile. C’est quoi proclamer l’évangile ? Est-ce lire à voix haute le Livre ?

Jésus proclame l’évangile en œuvrant, en faisant plein de choses : 
Il marche avec Jacques et Jean
Il va chez Simon et André
Il guérit une belle-mère 
Il libère les possédés
Il va dans les synagogues
Il va de village en village
Il ne chôme pas !
Il trouve même le temps de prier. À quoi ressemble la prière de Jésus ? Peut-être qu’il remercie, qu’il rend grâce pour toutes les guérisons, qu’il pense ou qu’il écoute le silence. Écoute-t-il la présence de Dieu en lui ? Peut-être se repose-t-il, reprend-il des forces pour aider, servir encore ? Voilà 24 h de la vie de Jésus.

Dans cette journée, il accueille ceux à qui il se rend présent. Il se rend présent aux gens en allant dans leur maison, dans leur synagogue, il vient se mettre à la disposition des gens dans leur vie, dans leur réalité. Une fois dans leur village, les gens viennent vers lui : ceux qui ont besoin d’aide pour retrouver la santé ou le bonheur, ceux qui viennent voir, peut-être par curiosité. C’est vivant la curiosité ! On peut se réjouir de voir quelqu’un faire du bien à d’autres : maladies à guérir, démons à chasser, problèmes personnels, coins à l’intérieur d’eux-mêmes où ils ne se sentent pas bien.

Les démons, ça pourrait être ce qui nous empêche de vivre bien : nos défauts, nos complexes, nos ressentiments. Alors quand Marc dit que Jésus expulse les démons ou qu’il les empêche de parler, c’est une image pour dire qu’il aide une personne malheureuse à donner de l’importance à ce qui est bon, à ce qui fait vivre, à ce qui la rend heureuse. Et ce qui rend heureux, d’après Jésus c’est de « s’aimer les uns les autres comme il nous a aimés ».  

Moi, je peux dire que quand j’aime, je suis heureuse, je me sens vivre avec les autres dans le respect. Quand je viens à la célébration, cela arrête mon train-train quotidien de course à la réussite, course à l’argent, course aux copains, course à tout ! Je sens que d’être avec vous tous, le dimanche, parce qu’on cherche tous Dieu, et qu’ensemble, on croit Jésus quand il dit que ça va mieux quand on aime, cela me remontre ce qui est important : aimer.

Et puis, Jésus ne va pas rester dans un village et devenir une vedette, un guérisseur adoré, une star à applaudir. Il sert puis va servir ailleurs. Il laisse ceux qu’il a guéris ou aidés. Il les a remis sur le chemin du bonheur, à eux de marcher maintenant ! Ils sont libres et peuvent décider de leur vie à partir de cette guérison ou de cette libération. Ils vont peut-être même pouvoir aider d’autres à leur tour.
Et lui, Jésus, va prier et se remet en route. Il fait ce qu’il a à faire, de village en village, il sert, il aide. Il sert, comme la belle-mère de Simon qui se remet à servir quand elle est guérie. Cette femme qui a la fièvre, il la saisit par la main : « on prend la main », « on prend par la main », « on donne la main », mais là, Marc dit que Jésus la « saisit par la main » ! Saisir, c’est en entier, c’est intense, comme dans l’expression « c’est saisissant » ! Tout notre être est emporté. Elle n’a plus de fièvre, alors hop, elle se lève et hop, elle sert. C’est instantané, elle se met à servir et on a l’impression qu’elle est à sa place, elle a rejoint ce qu’on peut appeler le Royaume de Dieu, là où on est vivant. Quand elle se laisse saisir par Jésus, elle est tout de suite changée ; tout de suite à son affaire, vivante, elle sert.

Le Royaume de Dieu, ici et maintenant, est une expérience rapide et radicale qui nous met dans une conscience aiguë de la réalité, aussi terre-à-terre soit-elle, comme de servir, mais reliée à Dieu. C’est ce lien à Dieu qui change tout. La perception du vivant est alors si intense qu’il n’est plus besoin de chercher le sens parce que c’est l’évidence : ON VIT.

Lucie B.

Chant : Ta nuit sera lumière G 212 (Paroles : M. Scouarnec – Musique : J. Akepsimas)

Si tu dénoues les liens de servitude,
Si tu libères ton frère enchaîné
La nuit de ton chemin sera lumière de midi (bis)
Alors, de tes mains, pourra naître une source
La source qui fait vivre la terre de demain,
La source qui fait vivre la terre de Dieu.

Si tu détruis ce qui opprime l’homme,
Si tu relèves ton frère humilié,
La nuit de ton combat sera lumière de midi (bis)
Alors, de ton pas, pourra naître une danse,
La danse qui invente la terre de demain,
La danse qui invente la terre de Dieu.

Si tu dénonces le mal qui brise l’homme,
Si tu soutiens ton frère abandonné,
La nuit de ton appel sera lumière de midi (bis)
Alors, de tes yeux, pourra luire une étoile,
L’étoile qui annonce la terre de demain,
L’étoile qui annonce la terre de Dieu

Prières écrites par les enfants

  • Aide-nous, Jésus, à penser à tous les gens malades. Fais-les vite guérir. 
    Apprends-nous à prier dans le secret de nos cœurs, comme tu le faisais chaque jour.
  • Merci, Jésus, d’être présent et attentif aux malheurs des autres. Tu guéris les malades, tu libères ceux qui sont sous l’emprise du mal. Comme toi, j’aimerais pouvoir apporter soulagement à ceux qui sont sur mon chemin et leur donner de la joie. Apprends-moi à prier comme tu le faisais dans le désert.
  • Pour les hommes, femmes et enfants qui traversent l’épreuve de la maladie, donne-leur Seigneur de garder force et patience pour la combattre, mais aussi espoir et foi pour continuer à accueillir les joies de la vie. Seigneur, nous te prions.
  • Jésus, s’il-te-plaît, aide-nous à prendre soin de toutes les personnes en difficulté dans ce monde, malades ou pauvres. À tous les gens malades de la Covid, à tous les gens morts d’autres maladies, prends soin d’eux. Amen !

Accueille au creux de tes mains la prière de tes enfants.

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Dieu notre Père, nous te remercions d’abord parce que tu nous as rassemblés pour te rendre grâce. Te remercier pour la création, dont nous faisons partie, qui actuellement n’est pas dans ses moments les plus éblouissants. Mais la beauté arrive. Nous te remercions pour cette alternance des saisons qui nous fait apprécier la nouveauté qui ne manque jamais au rendez-vous. La beauté du printemps est l’expression de ta beauté pour laquelle nous te remercions encore.
Mais nous te remercions encore plus pour Jésus, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu qui a passé sa vie à guérir et à libérer. Oui, il a fait le bien là où il est passé, dans les villages de Judée et surtout de Galilée. Oui, on peut dire de lui qu’il a fait le bien là où il est passé. Et il nous a confié sa mission de guérir et libérer. Pour tout cela avec les hommes et les femmes guéris et libérés, nous te louons et nous te chantons. 

Passer sa vie à guérir et à libérer et la finir sur une croix, il faut le faire ! En fait, sa vie ne s’est pas finie sur la croix. Ton Esprit l’a ressuscité. Et il est vivant pour toujours.  Que ce même Esprit fasse de ce pain et de ce vin les signes visibles de son Corps et de son Sang. 
Nous faisons ce qu’il nous a dit de faire, le mémorial de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, et nous attendons, dans la joie et l’espérance, qu’il revienne.

Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous célébrons le mystère de la foi.
Nous rappelons ta mort Seigneur ressuscité et nous attendons que tu viennes !

À nous, qu’il a choisis pour être ses disciples et continuer sa mission, il nous dit encore : votre tâche est la mienne, guérir et libérer. Rien que cela. Pas plus, mais pas moins. Les occasions ne manquent pas, souvent inattendues, mais bien réelles quand même. À nous de les saisir pour guérir et libérer. Or nous ne sommes pas très doués, et souvent un peu fainéants. Que l’Esprit nous aide à voir et, ensuite, à faire comme Jésus : guérir et libérer.
Que tous ceux qui partagent le repas du Seigneur, dont nous et chacun, deviennent un foyer de guérison et de libération et qu’ainsi, ensemble, nous formions le véritable Corps du Christ.
Nous te prions spécialement pour François, l’évêque de Rome, pour Michel, l’évêque de Paris, notre évêque et pour tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, servent leurs frères. 
Pour les morts et pour les vivants, nous te prions.

Jesús Asurmendi

Agneau de Dieu D 307 (paroles et musique : L. Boldrini)

Aimez-vous comme je vous ai aimés, aimez-vous chacun comme des frères.
Aimez-vous, je vous l’ai demandé, aimez-vous, aimez-vous !

Chant : Appelés par le Christ (paroles et musique : Maurice Roger)

Appelés par le Christ à semer l’espérance
Faire entendre sa voix aux hommes d’aujourd’hui
Envoyés par le Christ aux chemins de l’Alliance
Devenons ses témoins, prophètes de la vie.

Ton amour nous délivre du mal et de la peur,
Serviteurs de ta Parole, nous sommes ton Corps.
Ton amour nous fait vivre il habite nos cœurs,
Messagers de l’Évangile, fais de nous ton Corps.

Heureux les cœurs de pauvre, les ouvriers de paix
Serviteurs de ta Parole, nous sommes ton Corps.
Ceux qui guettent les signes du Royaume à germer
Messagers de l’Évangile, fais de nous ton Corps.

Pour bâtir ton royaume, envoie tes ouvriers,
Serviteurs de ta Parole, nous sommes ton Corps.
Pour dire à tous nos frères, l’Évangile de paix, 
Messagers de l’Évangile, fais de nous ton Corps.

Aux carrefours du monde, dans nos rues, nos quartiers,
Serviteurs de ton Église, nous sommes ton Corps.
Annonçons la nouvelle : Christ est ressuscité !
Envoyés à tous les hommes, fais de nous ton Corps.

Envoi : cultiver l’espérance

Enseignés par la parole de Dieu, nous repartons avec l’assurance de ne pas avoir à nier la réalité pour cultiver l’espérance. Osons la transmettre en nous faisant proches de ceux que nous rencontrons, à l’instar de Paul, que nous n’avons pas lu. 


Marianne G.

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