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Le grand débat à Saint-Merry – Ré-enchanter la vie

Entrés avec énergie dans la préparation du 40e anniversaire de Saint-Merry, nous poursuivons notre aventure spirituelle avec de nouvelles perspectives à l’horizon 2025.

Ce premier « grand débat » pour regarder le monde, nous interroger sur le futur de l’homme.

Nous étions près de 300 personnes à écouter la vision des quatre personnalités invitées à débattre sur notre époque de grands bouleversements, où l’on se prend à faire appel à l’histoire, au temps d’autres grandes mutations.

Quelques échos rapides de ces échanges animés par Gérard Leclerc, journaliste

 

Jean-Marie Donegani, professeur à Sciences-Po

L’idée du désenchantement du monde a été reprise par Marcel Gaucher à Max Weber : «La modernité c’est le fait que le

Jean-Marie Donegani ©fc
Jean-Marie Donegani
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monde est dépeuplé des Dieux. » Faut-il alors ré-enchanter ce monde ? Ou plutôt garder le meilleur du désenchantement, comme la contrepartie du bien le plus précieux, la liberté… Mais comment domestiquer la liberté, qui souvent fait basculer dans l’immédiateté  – et sans revenir vers l’anathème, le permis et le défendu, vers lesquels se tournent les catholiques désemparés ? Les propositions de sens sont à la mesure de l’expérience. Citons Michel de Certeau : « Il y a des milliers de petits éclats d’Évangile qui brillent à la surface de l’océan. Et il n’y a personne pour les ramasser. »

 

Jean Mouttapa, éditeur chez Albin Michel

La vie est là, des actes adviennent. Elle n’est pas désenchantée : ainsi à Calais tout geste auprès des migrants est un miracle – ainsi en une journée de « vie enchantée » avec Jean Vanier on perçoit cette « joie imprenable ».

Denis Jeambar et Jean Mouttapa ©fc
Denis Jeambar et Jean Mouttapa
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En 1453 a eu lieu la chute de Constantinople et en même temps l’écroulement chrétien, mis en question par les musulmans. Aujourd’hui comme alors, nous avons à partir vers une renaissance, dont la source peut être la fraternité.

 

Denis Jeambar, journaliste politique

Parler désenchantement, c’est évoquer le pessimisme français, marqué par le désenchantement démocratique. La crise c’est l’articulation entre une vie privée souvent heureuse, et une vie démocratique déréglée.

Le ré-enchantement, ce fut l’émergence du libre arbitre, la libération de l’individu. Ce fut la Renaissance, en réponse à l’effondrement de Constantinople : les valeurs humaines mises au centre de la pensée. Aujourd’hui les valeurs humaines, morales, intellectuelles et pacifistes, ce sont tous les éléments que nous avons pour réfléchir sur une nouvelle renaissance humaniste.

 

Patrick Viveret, philosophe politique

Nous vivons à la fois une fin du monde et une renaissance.

Patrick Viveret et Jean-Marie Donegani ©fc
Patrick Viveret et Jean-Marie Donegani
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Le moment Descartes fut positif et négatif : ce Nouveau Monde est né sur la liberté de conscience.

Ce qui est en danger, c’est l’homme, pas la planète. Nous vivons un moment passionnant, à la fois au niveau planétaire, mais aussi avec nous-mêmes, et il faut lutter contre notre barbarie intérieure. Pour cela ré-ouvrir le dossier de la spiritualité et sortir des mauvaises nouvelles du salut : l’enchaînement peur – punition – sacrifice. Pour aller vers la Bonne Nouvelle : « le royaume est en vous ».

 

Les interventions seront mises en ligne sur le site, ainsi que de larges extraits de la vidéo.

 

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