L’Église, « hôpital de campagne » ?

Dans son interview à Etudes (Oct. 2013) le pape François dit : «Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. (…) Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste. Soigner les blessures, soigner les blessures… Il faut commencer par le bas.»

Lecture, relecture : je ne sais toujours pas quelle était la bataille, qui sont les blessés, qui étaient les parties prenantes à l’affrontement ! Encore moins si la bataille est vraiment finie.

Et pourtant, même dans l’imprécision sans doute volontaire, il y a comme quelque chose qui sonne juste, tant l’Église que nous pouvons rencontrer et entendre peut nous sembler comme «blessée» dans une humanité elle-même si incertaine de son évolution ; Église blessée par son conservatisme et ankylosée par la peur et le doute face à son avenir.

Mais blessés, nous le sommes nous aussi, chrétiens plus ou moins croyants, soit que nous nous sentions rejetés par des prises de positions qui nous semblent si dures, et par une Église si «in-confiante» vis-à-vis de la communauté des chrétiens ; soit tout simplement que ses retours en arrière, notamment dans la pastorale et les rituels, nous repoussent.
Et malgré les belles paroles de François, on sent bien que la «bataille» n’est pas finie. Que l’enjeu, c’est bien la transmission, le témoignage de la Foi, son avenir, non pas tant pour elle-même, mais pour ce qu’elle peut pour nous : le Salut.

Saurons-nous, nous aussi, à notre place, être les soignants de cet «hôpital de campagne» ?

Jean-Baptiste Morin

Le texte intégral de cet entretien sur :
http://newsletter.revue-etudes.com/TU_Septembre_2013/TU10-13.pdf