« Il faudra que tu apprennes à parler de Dieu à vos enfants sans le nommer », me disait un prêtre lors de notre préparation au mariage. Mon mari est fermement opposé à toute forme de croyance religieuse, tandis que je suis profondément attachée à Dieu, qui m’accompagne au quotidien. Quelle question épineuse, que celle de l’éveil à la vie spirituelle de nos enfants à venir ! Comment parler de Toi aux enfants, mais aussi à nos amis, nos collègues, notre prochain ?

Si l’eunuque interroge Philippe en ces termes, alors qu’il est en train de lire le prophète Isaïe : « Dis-moi, je te prie : de qui le prophète parle-t-il ? », puis lui demande le baptême (Actes, 8, 26-40), il en est rarement ainsi du monde qui nous entoure, souvent indifférent, parfois en rejet. De plus, toute tentative d’« évangélisation » ne comporte-t-elle pas en elle-même un insidieux sentiment de supériorité, fondé sur la certitude, déplacée voire dangereuse, de détenir la Vérité ?

Elisabeth Lesueur, mariée à un athée convaincu au début du XXe siècle, a très vite compris que le langage pouvait être source de malentendus. Elle s’est attachée, en silence, à aimer de tout son cœur son mari, leurs amis, les édifiant par son immense respect de toutes convictions, mêmes opposées aux siennes, par la qualité de son écoute, par le réconfort qu’elle pouvait apporter, ainsi que par sa force et sa ténacité malgré l’épreuve de la maladie.

Et si, plutôt que de parler de Toi, il ne s’agissait pas d’aimer ou d’être comme Toi ?

Madeleine A.

Billet du dimanche 16 février 2020

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