Cette année a lieu le 75ème anniversaire de la libération des camps de concentration. Que signifie-t-elle aujourd’hui ? Quelle place la pensée religieuse accorde-t-elle à cette commémoration ?

Cela fait plus de dix ans maintenant que je travaille sur le phénomène de la Déportation. Mon objectif est de comprendre comment l’humain peut en venir à commettre des actes d’une cruauté sans limite. Comment l’humain peut-il aussi assassiner des enfants ou torturer ?

Comprendre ces questions permet d’enrayer les mécanismes génocidaires. Pour ce faire, il faut entrer dans les interstices de la pensée et interroger les ressorts, les causes. Il faut aussi identifier les contextes. Le IIIe Reich est né dans une crise économique sans précédent. Les politiques sécuritaires ont pu fleurir à loisir et conduire à des « nettoyages ethniques ».  Le mal a gagné au point que l’on s’est demandé si Dieu était encore dans les camps (Hans Jonas).

Pour Ed Carter Edouard, un ancien déporté canadien, emprisonné à Buchenwald en violation des conventions de Genève, Dieu a réapparu en lui offrant Loïs, la femme qu’il aima pendant 72 ans, au sortir du camp.

En commémorant ce 75ème anniversaire, on dit tout l’hommage que l’on doit aux défunts, mais on interpelle aussi les générations contemporaines à faire preuve d’une immense vigilance.

Cathy Leblanc

Billet du dimanche 23 février 2020

Un colloque international interdisciplinaire aura lieu à l’Institut catholique de Lille du 19 au 21 mars prochain (cf. programme sur www.cathyleblanc.fr)

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