Plus que jamais le mode de vie que nous avons dû observer nous a prouvé que le sens du contact et de l’attachement était crucial. Bon nombre de réflexions et d’illustrations nous ont montré, dans les œuvres le contact entre les personnages, c’est-à-dire entre des personnes. Un protocole social nous engage. Il est tout droit venu du monde féodal où les chevaliers serraient la main pour montrer qu’ils n’étaient pas armés. La signification a bien sûr évolué. Se serrer la main aujourd’hui, c’est montrer sa bonne intention, entrer en contact avec l’autre, saluer tout simplement. Au-delà de l’historicité, entrer en contact avec l’autre – les modalités sont nombreuses -, c’est aussi une manière de faire corps et c’est ce qui nous intéresse ici. Beaucoup de grands-parents ont déploré de ne pouvoir étreindre leurs petits-enfants. L’amour, la tendresse passent aussi par le contact. Il institue ou accroît la présence affective. Toutes ces modalités de relations affectives ont été remises en cause nous donnant l’impression de nous assécher dans une « distanciation » sociale. La relation affective est importante parce que nous ne sommes pas seulement des êtres raisonnables. Les mouvements du cœur aussi nous construisent dans notre relation à l’altérité. Ils sont également ce qui nous relie les uns les autres comme pour nous rassurer sur notre statut d’être les uns avec les autres. Retisser ce lien et ce sentiment, ce sera le défi des temps à venir.  

Cathy Leblanc

Billet du dimanche 31 mai 2020​

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