Une remise en cause de l’abolition de la peine de mort ?

Il semblait acquis, en France, que la peine de mort était une mauvaise chose et que les consciences soutenaient la loi d’abolition de 1981. Et pourtant, en discutant avec mes jeunes étudiants après les attentats et en les sondant régulièrement depuis, je découvre avec effroi qu’ils sont en grande majorité en faveur de la peine de mort. Comment leur expliquer les choses ?
Quel est le problème de la peine de mort ?
Ce n’est pas l’erreur judiciaire mais bien dans la mise à mort du prochain. Personne n’en reste indemne. Tuer c’est aussi se séparer de soi-même comme Shakespeare l’avait montré dans Richard III où le je et le moi ne peuvent plus faire Un, un peu comme si le meurtrier se séparait à jamais de lui-même, fût-il bourreau contractualisé par l’Etat. Tuer, c’est détruire ce que nous sommes tous, individus et humanité, Création.
Mais l’horreur des attentats et les images de policiers qui exécutent directement et sans passer par l’appareil judiciaire, des meurtriers, ont légitimé pour eux la peine de mort. De surcroît, et nous ne contestons pas le courage des policiers, ils furent décorés. Dans les jeunes consciences, il est désormais acquis que tuer ces horribles individus est un acte nécessaire et honorifique. Les amalgames, le manque de réflexion produit par la sidération créent une situation à laquelle il est urgent de remédier en tant que chrétiens, en tant que citoyens du monde.
Cathy L.
Billet du dimanche 17 novembre 2019

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