V

Veillée et messe de Noël 2020. « Je vous annonce une grande joie ! »

« Allons donc jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils se hâtèrent et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né ».

Chant : VENEZ FÊTER NOËL

Et vous les rois et les bergers
et vous anciens et nouveau-nés
Venez fêter Noël
Et vous les villes animées
Et vous villages reculés
Venez fêter Noël

Vous les fils de la terre
Vous les enfants du Père
Vous de partout et de tout âge
Chantez Noël à pleine voix !

Et vous les enfants de la nuit
Et vous voyageurs de la vie
Venez fêter Noël
Et vous passants que l’on oublie
Et vous qui êtes accueillis
Venez fêter Noël

Et vous qui arrivez de loin
Et vous qui êtes mes voisins
Venez fêter Noël
Et vous qu’on aime en étranger
Et vous les fous de liberté
Venez fêter Noël

Anges, émail de Limoges, 1170-80 environ, The Metropolitan Museum, New York

Accueil

Bonsoir à toutes et tous, bienvenue en particulier à celles et ceux qui viennent dans cette église pour la première fois. La communauté du Centre Pastoral est vraiment très heureuse de vous accueillir.

Et malgré ce contexte si contraignant, pourquoi au juste sommes-nous ici ce soir ?
Pour accompagner les nôtres ?
Pour célébrer une grande joie qu’est toute naissance ?
Pour entendre un texte vieux de vingt siècles, connu de tous ?

En fait, ce récit de Luc est la réécriture d’un événement auquel personne n’a assisté, sinon Marie et Joseph, une rédaction portée par la Résurrection du Christ.
Et parce que ce texte, en dépit de son ancrage temporel et géographique, est d’abord un récit symbolique, il nous en facilite l’appropriation.
Il nous autorise à le faire nôtre en l’actualisant, en l’ajustant à chacune de nos vies entre promesse, attente, accueil et annonce :
Toujours à entendre, toujours à recevoir, toujours à donner.

En outre, la naissance de Jésus, évoquée seulement par Luc, serait un non-événement, une naissance parmi d’autres, s’il n’y avait les bergers.
Ce sont eux qui entendent, qui se déplacent avec hâte et qui, après avoir vu, repartent en chantant pour diffuser la nouvelle de l’Incarnation.
Eux, ce soir, c’est nous. 

Un peu bergers pour prendre soin les uns des autres dans ce monde si dur, si peureux, parfois si peu espérant. 
Un peu bergers pour témoigner d’une confiance, celle de possibles temps nouveaux.
Un peu bergers, chacun à notre manière, pour témoigner de cette grande joie qui éclaire, non pas nos nuits, mais nos ténèbres.

Alain C.

Jacques Daret, L’ Adoration de l’enfant Jésus, huile sur bois, 1434-35, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid

Méditation / veillée autour et avec les bergers

Verset 8 de Luc 2 : la nuit des bergers, quels sont nos bergers ?
« Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde
pendant la nuit auprès de leur troupeau ».

Israël, peuple de nomades pasteurs plus ou moins sédentarisés.
Un vécu familier à tous à l’époque.
Luc choisit la nuit, ce moment où presque tous dorment.
Les moutons, dans leur chaude toison, peuvent rester dehors. Leurs bergers se relaient alors pour prendre leur tour de garde afin de veiller sur l’agneau fragile ou la brebis fatiguée.
Ils sont un peu à part des autres, du fait de l’endroit  où ils passent la majeure partie de leur temps  et de leur mode de vie très simple : on les voit peu. Réputés méditatifs et peu bavards, modestes et profonds, ils connaissent des racines de la vie que beaucoup ignorent. Ils observent avec attention et amour afin de bien prendre soin…
Luc a choisi la nuit et les bergers dans la nuit.
Nous aussi, nous avons et notre nuit et nos « bergers » :

  • Ceux dont la nuit nous est donnée,
  • Ceux dont nous faisons connaissance quand la maladie ou l’urgence frappe autour de nous,
  • Ceux qui réparent les câbles rompus,
  • Ceux qui préparent le pain.

Leur rythme de vie les met un peu à part de tous et peut les rendre presque invisibles.
Ils sont peu ou pas assez écoutés ou remerciés quand nous avons l’illusion que « tout va bien ».
Eux aussi ont leurs tours de garde et parfois des nuits blanches pendant que nous dormons, les yeux bien clos.
Seigneur, toi le Berger, merci pour les bergers autour de nous.
Aide-nous à les deviner, à les voir, à leur dire merci.
Aide-nous aussi à ne pas détourner la tête si on nous appelle à prendre notre part à ces gardes de nuit.

Marguerite C.R. 

Orgue : improvisation sur le thème de « Douce nuit »

Verset 10 : l’annonce d’une très grande joie pour nous tous.
« L’ange leur dit : Soyez sans crainte car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle qui sera une grande joie pour tout le peuple. Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ».

Et oui ! Cet homme Jésus dont on nous parle depuis que nous sommes tout petits, que nous célébrons chaque dimanche, qui nous dit des paroles extraordinaires : « prends ton grabat », « lève-toi ! « marche ! » lui qui nous dit :« bienheureux les pauvres, ceux qui pleurent, les persécutés pour la justice », …cet homme qui met les gens debout, ce Jésus que nous affirmons vivant encore aujourd’hui, il a d’abord été un bébé !
Quand on regarde tout cela à la fin de sa vie, à la lumière de sa résurrection, tout s’éclaire d’un jour nouveau, on découvre que c’est un très grand événement, une très grande joie que cette naissance !
Cette joie, pour l’exprimer, on n’a pas trop de tout le merveilleux des anges, des trompettes, des chants explosifs et de la nuit étoilée…
Et on va chercher dans la mémoire d’Israël ce qui peut le mieux évoquer cet événement inouï !
Les paroles d’Isaïe, prononcées huit siècles plus tôt paraîtront tout à fait appropriées… Nous les entendrons dans quelques minutes…

Jean-Luc L.

Orgue, improvisation
Verset 15 : se hâter et savoir laisser derrière soi.
« Allons donc jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils se hâtèrent et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né ».

Je les admire, ces bergers qui ont foncé dans la nuit noire au lieu de rester tranquillement au coin de leur feu et de prendre le temps de peser le pour et le contre, et ils auraient pu finalement décider de remettre leur visite au lendemain…
Quelle confiance ! même pas peur de buter dans l’obscurité sur les cailloux ou de trébucher dans les ornières, surtout qu’ils n’étaient probablement pas tous jeunes…
Et nous, Seigneur, dans nos vies, quand hésitons-nous à te faire pleinement confiance, quand refusons-nous de nous hâter sur le chemin de la rencontre ?
Et en partant en hâte, j’imagine que ces bergers ont dû laisser derrière eux leurs troupeaux, soit toute leur richesse !
Et nous, Seigneur, dans nos vies, que savons-nous laisser derrière nous pour pouvoir partir en hâte ?  De quelles pesanteurs devons-nous nous délester, de quels boulets devons-nous nous délivrer pour aller à ta rencontre ?

Solange de R.

Orgue improvisation
Versets 17 et 18 : la force du témoignage

« Après avoir vu, ils firent connaitre ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant
Et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur avaient dit les bergers »

Les bergers ont vu et rencontré Marie, Joseph et l’enfant; ils ont été touchés. Ils ont été émerveillés et se sont laissé saisir par cette Bonne Nouvelle ! Et lorsqu’on a été ému, touché au cœur par un livre qu’on a lu, par une exposition magnifique, par une rencontre qui nous a transformés, on ne peut s’empêcher de communiquer à d’autres ce qu’on a vécu et ressenti. Alors nous, ce soir, qui allons écouter et partager l’annonce de la naissance de Jésus, n’étouffons pas la joie qui nous saisit,  et mettons-nous en mouvement pour témoigner – ce soir, demain, dans les jours qui viennent – quels sont les deux ou trois mots tellement forts et qui nous remplissent d’une joie débordante que nous voudrions vivre et partager avec ceux que nous rencontrerons ?

Bernadette C.


Chant :
BERGER DE DIEU, RÉVEILLE-NOUS

Berger de Dieu, réveille-nous,
Voici le temps de la promesse,
Nos yeux regardent vers ton jour,
Visite-nous par ta tendresse.

Tu es venu dans nos ténèbres,
une lumière a resplendi.
Reviens vers l’homme à ta recherche,
fais briller ton étoile en nos vies !

Berger de Dieu, réveille-nous !

Lecture d’Isaïe (9, 1-6)

Et voici maintenant les paroles d’Isaïe qui ont permis aux premiers chrétiens de manifester la puissance de vie qui habite celui que les anges appellent Christ et Sauveur :

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran,
tu les as brisés comme au jour de Madiane. Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés.
Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers ! »


Ce sont des paroles pour nous aujourd’hui !
Éprouvés, et vivant dans un univers très marqué par la Covid, stressés par les insécurités et les attentats, inquiets face au réchauffement climatique, entendrons-nous, cette nuit, les promesses annoncées sur ce bébé ? « Un fils nous a été donné ! ». Jésus, Christ, non pas un remède miracle ou un magicien, mais Jésus, présent par son Esprit, à l’intime de notre cœur, capable, si nous nous mettons à son écoute, d’éclairer notre réflexion, de féconder notre façon de saisir les problèmes de notre temps, de mettre en nous une force d’âme pour construire un monde où avanceront la justice et la paix, car ce Jésus, que nous fêtons cette nuit, est l’envoyé de Dieu, ce Dieu « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».

Jean-Luc L. 

ACCLAMATION DE L’ÉVANGILE
Gloire à Jésus l’Emmanuel, alléluia, alléluia !
Prince de paix dans Bethléem, alléluia, alléluia !

Joie dans notre monde, un Sauveur nous est né.
Dans le cœur des hommes sa lumière a brillé.

Réjouis-toi, Jérusalem

Évangile de Luc (2, 1-20)

Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s’appelle Bethléem – parce qu’il était de la maison et de la lignée de David afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. Elle enfanta son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’ils manquaient de place dans la salle commune. Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. L’Ange du Seigneur se tint près d’eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté ; ils furent saisis d’une grande crainte. Mais l’ange leur dit : ” Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. Et soudain se joignit à l’ange une troupe nombreuse de l’armée céleste, qui louait Dieu, en disant :

Gloria in excelsis Deo !
Gloria in excelsis Deo !
Les anges dans nos campagnes
Ont entonné l’hymne des cieux
Et l’écho de nos montagnes
Redit ce chant mélodieux.

Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître ». Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. Ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant ; et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. Puis les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé.

Homélie

Gérard David, Nativité, environ 1480, The Metropolitan Museum, New-York

Chant : UN ENFANT EST NÉ

Un enfant est né
Qui n’a pas même un toit.
Un enfant est né
Sans tapage et sans bruit.
Tout au bout de la nuit,
Un enfant est né :
La fleur de notre joie !

Un enfant est né, bergers, réveillez vos bêtes
Un enfant est né, bergers, venez à la fête !

Un enfant est né,
Une étoile en ses yeux
Un enfant est né
Il n’a pas de berceau :
L’étable est son château
Un enfant est né :
Le fils de notre Dieu.

Un enfant est né
Dieu habite avec nous
Un enfant est né
Dieu a pris froid et faim
Pour nous tendre la main
Un enfant est né :
Un pauvre sans le sou.

Un enfant est né

Sanctus

Saint est le Seigneur, le Dieu de l’univers, Hosanna au plus haut des cieux (bis)

Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire,
Hosanna au plus haut des cieux (bis)
Qu’il soit béni au nom du Seigneur, celui qui est, qui était et qui vient,
Hosanna au plus des cieux (bis)

Saint est le Seigneur, le Dieu de l’univers

Anamnèse : Venu en notre chair

Aujourd’hui, nous célébrons Jésus-Christ venu en notre chair, AMEN
Mort sur le bois de la Croix, AMEN
Ressuscité d’entre les morts, AMEN
Et nous l’annonçons, nous l’annonçons, jusqu’à ce qu’il revienne, AMEN.

Notre Père


Agnus

Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde,
Prends pitié de nous Seigneur, prends pitié de nous Seigneur
Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde,
Donne-nous la paix Seigneur, donne-nous la paix Seigneur

Envoi

« Toute naissance est le renouvellement du monde » écrivait la philosophe Hannah Arendt. Celle de Jésus, plus que toute autre pour nous croyants, est inconnue et révélée, secrète mais diffusée, banale mais unique.
Que cette bonne nouvelle nous accompagne, nous aide et nous révèle comme des témoins de la Parole. Dieu prend visage d’homme et l’Emmanuel vient en notre chair.

Alain C

Anonyme allemand, Adoration des bergers (huile sur bois), 1515 environ, Museo Thyssen- Bornemisza, Madrid

Chant : IL EST NÉ LE DIVIN ENFANT

Il est né le divin enfant
Jouez hautbois, résonnez musettes
Il est né le divin enfant
Chantons tous son avènement.
Le Sauveur que le monde attend
Pour tout homme est la vraie lumière
Le Sauveur que le monde attend
Est clarté pour tous les vivants.

De la crèche au crucifiement
Dieu nous livre un profond mystère
De la crèche au crucifiement
Il nous aime inlassablement !

Qu’il revienne à la fin des temps
Nous conduire à la joie du Père.
Qu’il revienne à la fin des temps
Et qu’il règne éternellement !

Il est né le divin Enfant

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