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Vivre et partager au temps du virus

« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel », nous dit l’Ecclésiaste. « Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir et un temps pour danser. Un temps pour lancer des pierres, et un temps pour en ramasser ; un temps pour embrasser et un temps pour s’abstenir d’embrassement » (Qohélet 3, 4-5).

Nous découvrons ces jours-ci, avec étonnement ou sidération, un temps que les chinois et nos voisins italiens ont connu avant nous : un temps pendant lequel il faut éviter même de se serrer la main.
Notre vie de tous les jours, nos habitudes sont bousculées. Pour certains c’est un temps de confinement et de solitude. Nos églises sont vides et nos assemblées interdites.

Comment alors garder le contact, continuer à partager ?
En attendant (et en espérant) qu’un autre temps vienne, comment vivre la solidarité ?

Autant de questions que notre site internet peux nous aider à aborder.
N’hésitez pas à poster vos commentaires en bas de cette page pour dire brièvement ce qui vous tient à cœur, vos raisons d’espérer. Si vous souhaitez vous exprimer plus longuement, adressez vos prises de parole à la boîte saint-merry.let@orange.fr

Sur une autre page du site, nous vous proposons d’intervenir, de vous confronter sur les textes de la liturgie du dimanche à venir.
Ce sera une autre manière de vivre le partage de la Parole.

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  1. Dominique says:

    Bonsoir.
    Mon commentaire a pour but de partager l’idée proposée aux membres du groupe du partage eucharistique du mercredi soir. Il est proposé à chacun.e des membres du groupe de rejoindre le groupe WhatsApp créé à cet effet.
    Ainsi nous pourrons avoir cet espace collectif d’échanges et de partage afin de pouvoir nous donner des nouvelles des uns et des autres du groupe.
    Nous pourrons aussi garder le temps spécifique du mercredi soir à 19h pour nous connecter à ce groupe et ainsi partager notre méditation habituelle du mercredi sur l’Evangile du jour (à défaut de pouvoir vivre à distance notre partage eucharistique !)
    Bonne soirée

    1. Solange de Raynal says:

      Je suis rarement venue le mercredi soir depuis 2 ans, mais je connais beaucoup d’amis dans votre groupe, et souhaite si possible, m’y joindre, mais peut étre ne faut – il pas étre trop nombreux pour faire circuler la parole sur whatsapp?
      Peut étre à bientôt
      Solange de Raynal

  2. Dominique says:

    Merci pour l’intérêt que vous portez à cet espace partagé. Volontiers pour que vous puissiez y participer ! Cet espace se veut ouvert à toutes et tous, dans l’esprit de l’accueil et de la rencontre, thèmes chers à St Merry. Le souhait de nous donner des nouvelles des un.es et des autres, isolé.es les un.es plus que les autres, parfois.
    Pour ce faire, n’hésitez pas à interpeller un membre du groupe que vous pouvez connaître pour qu’il me communique votre contact téléphonique. Je vous rajouterai à la liste. Bonne journée. Au plaisir de vous lire.

  3. Marguerite Rousselot says:

    Une amie m’a écrit : « Je vous fais suivre, en ce dimanche d’intense confinement, l’intervention de Delphine Horvilleur sur son site TENOUA. Un pur moment de chaleur, d’humanité, de stimulation … Ca dure une demi-heure et ça réchauffe !
    https://tenoua.org/rencontre-atelier
    Lorsque on est sur la page Tenoua il faut descendre le curseur jusqu’à trouver le titre Tenoualive Le thème de l’émission est « Séparés mais ensemble »

  4. Agathe Dupont says:

    S.A. m’a confié :

    Aujourd’hui on enterre en ligne , bientôt en fosse commune,
    Comme par virtuel.

    Mon beau-père est décédé dimanche (93 ans et veuf depuis 7 ans aujourd’hui ) suite d’un cancer qui attaquait les os ….et du covid

    Quel parcours terrible
    Pas de visite
    Pas de mise en bière en notre présence
    Pas de cérémonie religieuse
    Pas de vue du mourant dont le corps infecté fait peur a l’hôpital dont la morgue sature

    Quelle suite de vie terrestre ?
    Quelle entrée dans la vie éternelle ?
    Seulement 10 minutes au cimetière dans une semaine pour voir déposer son urne.
    Ni chant,
    Ni mémoire , seule une prière
    Les frères et soeurs de mon mari habitant la province et l’étranger ne peuvent pas venir .
    Nous serons 2.

    Et pour combien de semaine encore nous faut il maintenir notre famille pour nous protéger ?
    Et la suite se passera comment ?

    SA

  5. Casaubon Jacqueline says:

    Je fais partie du groupe « Partage du mercredi » l’icône qui le représente est le vitrail du claustra que j’ai commenté.

    Vitrail transparent, vitrail vivant, il s’est effacé pour laisser voir le monde de la rue, maisons et boutiques. Vitrail aimant…il est un aimant, qui attire et rend inséparables le dehors et le dedans. Une rencontre vers l’autre. Ceux qui prennent ce risque, « En ne prenant rien pour la route, découvrent qu’il a été fait don de l’Esprit aux autres comme à nous » »Ch.de Chergé
    Aujourd’hui, tant de gens que nous ne pouvons plus rejoindre, sont là dans notre groupe avec nous, invisibles, mais bien présents. Beau, vitrail de lumière qui ouvre le passage dans un sans cesse aller et retour, accompagné par « l’invincible espérance » Merci, Dominique. Jacqueline.

  6. Jean-Philippe Browaeys says:

    J’habite La Défense. Les grands parkings souterrains logent du monde. Le matin, à 7h, ils se précipitent au P’tit café de la Maison de l’Amitié, blottie le long de la file des taxis, entre le CNIT et la Grande Arche. Des sandwicheries apportent leurs invendus de la veille. Puis, douches, laverie, bagagerie ouvrent leurs portes. Depuis le 14/3, plus rien! .. sauf les parkings! Bon, depuis le 24, des douches au compte-gouttes, et des paniers repas… trop maigres… car, bien sûr, plus d’invendus! Que faire? Et ils tuent le temps en bande … trop serrés, en se passant les uns aux autres leur bière, en dépit de ce … coronavirus.

  7. Laurent Baudoin says:

    Laurent Baudoin – 6 avril 2020
    Ziad Medoukh, notre ami gazaoui professeur de français, auteur du livre « Etre non-violent à Gaza », m’annonce qu’il va offrir ses droits d’auteur à sa femme : « Tu sais, Laurent, elle est tout le temps avec les enfants quand je voyage ou quand j’écris. » Et, pourrait-il ajouter, quand il consacre le reste de son temps et de son énergie à rassurer ses étudiants et ses jeunes diplômés, les enfants et le petit peuple de Gaza, tous victimes de la double peine : le coronavirus (encore contenu mais jusqu’à quand ?), le blocus israélien inhumain (depuis 14 ans !) et les attaques israéliennes qui ne connaissent ni trêve pascale ni répit humanitaire et que nos médias passent sous silence.

  8. Letowski says:

    Raison gardée

    Rappeler objectivement ce qu’il en est au milieu des nouvelles alarmantes, surmédiatisées est important. Bien sûr, la situation actuelle ne doit être « prise à la légère », mais prendre du recul est sain pour affronter le présent, le relativiser et se mettre en situation pour construire l’avenir. Voici ci-dessous quelques données INSEE sur le nombre de décès entre 2018, 2019 et 2020.

    « Exceptionnellement, l’Insee a décidé de diffuser chaque semaine le nombre de décès quotidiens enregistrés dans chaque département, afin de contribuer en toute transparence à la mise à disposition de données pendant l’épidémie de Covid-19.
    Pour chaque département, sont disponibles sous forme de graphiques, cartes et fichiers le nombre de décès journaliers cumulé depuis le 1er mars en 2018, 2019 et 2020.

    Au niveau national, le nombre de décès totaux enregistrés à la date du 2 avril 2020 et survenus entre le 1er et le 23 mars 2020 est dorénavant supérieur à celui enregistré sur la même période en 2019 : 40 684 décès ont été enregistrés en 2020, dont 39 707 pour la France hors Bouches-du-Rhône contre 39 141 en 2019 en France hors Bouches-du-Rhône. Ce nombre reste néanmoins encore inférieur aux décès enregistrés sur la même période en 2018 (44 443 décès en France hors Bouches-du-Rhône), année où la grippe saisonnière était encore virulente au mois de mars.

    Au niveau régional, les régions Grand-Est et Île-de-France comptent désormais un nombre de décès totaux, survenus entre le 1er et le 23 mars, supérieur de plus de 10% à celui enregistré sur la même période en 2019 (respectivement de 19% et de 11%) ; il avoisine le nombre de décès survenus au cours de la même période en 2018. Le nombre de décès survenus entre le 1er et le 23 mars 2020 est également supérieur à celui de 2019 en Corse (+ 6%) ou dans les Hauts-de-France (+ 5%), mais reste encore inférieur à 2018 dans ces régions.

    La France comptabilise en moyenne 585 000 décès chaque année depuis 2015 (légèrement plus en 2019 – 612 000 décès – qu’en 2015 – 593 700 décès –, en raison de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom). Chaque jour, ce sont donc en moyenne 1 670 personnes qui décèdent en France. Ce nombre de décès journaliers est plus élevé en hiver (mois de décembre, janvier et février), de l’ordre de 1 830, et plus faible chaque année, entre mai et septembre, aux environs d’un peu plus de 1 500.

    André Letowski ce 07/04/2020

  9. Catherine Goguel says:

    Urgences, réanimation, soins intensif, soins palliatif, avec le corona virus, on ne sait plus très bien à quel moment le proche que l’on aime et que l’on ne peut voir meurt vraiment. Cette épreuve remet en question bien des conceptions tranchées sur la fin de vie. Nous te prions, avec les larmes de Jésus auprès de Lazare, pour ceux qui meurent seuls, dans les services surchauffés des hôpitaux, avec au mieux la seule main attentive d’un soignant, et aussi pour ceux qui vivent l’épreuve du confinement alors que l’être aimé, décédé parfois dans la commune voisine, est transporté anonymement dans l’entrepôt frigorifique de Rungis en guise de chambre funéraire, en attendant une crémation, qui ne pourra sans doute pas voir lieu avant quinze jours. Pourtant, la force éclatante de Pâques nous habite, nous transporte non pas au-delà des malheurs, mais là où nous nous trouvons, car ton Royaume est bien ici. Seigneur, roule la pierre qui obstrue la confiance et la joie de notre résurrection en toi.

  10. Alexandra says:

    Faire mémoire…

    En repensant à ce Jeudi-Saint si spécial ; je me retrouve en rêverie à l’Arc-en-Ciel (lieu de session en Haute-Savoie) pour une semaine jeunes-professionnels à Pâques. Le Jeudi Saint, Xavier de Chalendar qui animait notre groupe nous confiait à quel point cette fête était importante pour lui. Plus tard ce même jour, dans la salle de silence du chalet, nous le retrouvions méditant le discours après la Cène. Ce jour de Jeudi saint confiné je relis ce passage de son ouvrage « Faire mémoire – Souvenirs et réflexions d’un prêtre ». Il raconte le souvenir suivant, remontant à sa jeunesse, tout seul un soir de Jeudi Saint, dans l’incapacité de rejoindre une assemblée.

    Voici l’extrait de Faire mémoire (Cerf 1995) :

    « Un moment décisif fut la Semaine sainte de 1941. À la suite d’un ennui de santé, j’ai été condamné à quelques mois de repos. Je suis monté pour les vacances de Pâques chez des amis au pied du Puy-de-Dôme. En ce temps-là les offices liturgiques de la Semaine sainte avaient lieu le matin, et je m’y rendais avec eux. Toute leur famille allait aussi le soir aux offices des ténèbres et aux veillées de prière. Mais deux sorties le même jour était considérées comme peu raisonnables, il n’y avait pas de voiture à notre disposition pour nous rendre à l’église et je suis resté seul à la maison. Je n’ai jamais oublié la soirée du Jeudi saint au cours de laquelle j’ai lu le chapitre de Saint-Jean qui rapporte le « discours après la Cène ». J’ai éprouvé une impression ineffaçable de présence, de force, de vérité. « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous », dit Jésus à ses amis ; ce soir-là, j’étais vraiment un de ses amis et la joie débordait de mon cœur. Quand les autres sont revenus de l’église, je n’ai pas pu leur transmettre cette joie, mais je leur ai confié que j’avais passé une excellente soirée. Tous les ans les Jeudi saint au soir, maintenant après l’office, je relis tout ou partie de ce texte. »

    Toute ressemblance avec des situations existants ou ayant existé…

    Alexandra N

    L’Arc-en-Ciel propose toujours de nombreuses sessions sous la responsabilité d’une association dont Jean-Claude Thomas est le président. Plus de renseignements https://www.chalet-arcenciel.fr/

  11. Brigitte K. says:

    J’ai l’impression que nous vivons maintenant comme Noé dans son arche : un confinement lors d’une catastrophe!
    J’aime me rappeler ces texte où on se moquait de Noé pendant la construction de l’arche, » la terre était pleine de violence » Combien se sont moqué de ceux qui nous mettaient en garde du virus ? les hommes mangeaient et buvaient ..jusqu’au jour où Noé rentra dans l’arche!
    Maintenant avec notre famille nous sommes confinés avec des vivres dans un espace plus ou moins réduit et adapté.
    Situation extraordinaire qui a été analysée par certains comme un moment »favorable » pour réfléchir sur nous même !
    L’arche a 3 étages comme notre personne avec, les animaux sauvages (nos pulsions) au premier, les vivres au deuxième et notre esprit au troisième ce travail de réflexion devant se réaliser dans un contexte relationnelle « en famille » !
    A noter également que le bitume à l’intérieur comme à l’extérieur ne sert pas seulement à isoler, ce mot en hébreu a la même racine que le mot pardonner !
    Vivement que l’Arc-en ciel apparaisse dans le ciel…

  12. Jacqueline Casaubon says:

    En ce dimanche de » La paix soit avec vous », du fond de nos confinements, quelle chance avons-nous d’avoir tous ces textes et témoignages qui viennent à nous, de retrouver des noms connus, non seulement par un simple clic mais autrement en les rejoignant dans notre prière et en écoutant le message d’aujourd’hui et le vivre ensemble? Des noms connus, dont parfois nous n’arrivons pas à y mettre un visage… mais peu importe…

  13. Jean-Louis Lecouffe says:

    Ce que je retiens de ce confinement, c’est que la fragilité revient en force dans nos vies et le partage du mercredi est un moyen de se réapproprier une parole en dehors de tout jugement; chacun exprime son ressenti, sa relation à Dieu et aux autres, l’autre comme porte d’entrée de Dieu dans nos vies; Etre confiné et pourtant encore plus disponible à l’autre et se construire par l’autre à un moment où l’inessentiel est relégué et où on redécouvre l’essentiel; l’échange du mercredi fait partie de mon essentiel; le but n’est pas d’apprendre mais simplement de partager une parole et des vécus; Saint Merri est un lieu génial pour cela. Merci à Dominique et à celles et ceux qui partagent ce moment avec des moments d’une rare intensité, la mort tapie dans l’ombre est bien présente mais aussila vie qui nous saisit de toutes part.

  14. Jacqueline Casaubon says:

    Aux nouveaux nomades qui peuplent la Terre.
    Ils traversent des espaces sans visages ni tendresse, ignorés, gênants.
    Dérangeants nomades que vous êtes !
    Les voyons-nous, les aimés de Dieu ?
    Les voyons-nous traverser les continents, les mers, comme des enfants perdus, en suspens? Dans nos immenses cités, sous de petites tentes bien colorées, rouges, bleues et vertes, disséminées discrètement, ça et là ? Ils sont pressés les uns contre les autres, malgré l’interdit, sans le confort de l’eau, alors qu’elle est Vie, désaltérante, sacrée, vénérée, reflet de la lumière et signe de l’invincible espérance !
    Les voyons-nous vraiment les aimés de Dieu ?
    Nomades d’aujourd’hui, où sont vos masques, où sont vos fontaines, où sont vos robinets qui coulent sans fatigue, sous nos mains, parfois et peut-être trop souvent sous nos mains inconscientes ?
    Les voyons-nous vraiment les aimés de Dieu ?
    Un cri monte vers Toi, mon Dieu, donne force, courage et lumière, à nos dirigeants, penseurs et chercheurs pour secourir et sauver l’humanité en détresse. Et qu’enfin on puisse mettre la main sur le coronavirus, et le maîtriser.
    Un cri, mais celui-là, de remerciements sans limites, à tous ceux qui soignent, guérissent, réconfortent et accompagnent jusqu’au bout…jusqu’ à la fin … Parfois donnant de leur vie… Louanges et actions de grâce leurs soient rendues. Ils sont tous vraiment des frères !
    Donne-nous de voir et d’aimer comme nos frères
    Tes prèférés, tes bien aimés, mon Dieu !

  15. Jacqueline Casaubon says:

    Emmaüs le soir approche. (Evangile de Luc 24,13-35)
    Le soir approche et déjà le jour baisse. La journée se termine, c’est la fin, on entre dans la nuit, un vide, l’inconnu. Ce soir-là, on est dans les contrastes entre l’obscurité et la lumière, ce soir-là, on est à Emmaüs. Autour de la table, à l’heure de l’obscurité, leurs yeux s’ouvrent… à la fraction du pain, au moment du partage. Un pain rompu, une brisure, un rappel de la Passion ? On est au summum de l’Amour qui va se livrer par amour. Une nourriture offerte à partager entre frères. Les yeux se sont ouverts devant une table vide… Le tombeau est vide aussi à Jérusalem… Jésus a disparu, il n’est pas toujours là où l’on croit !
    Une autre obscurité, celle que nous provoque le vide, il attire, il aspire et propulse vers « autre part », vers un autre lieu, une autre manière pour retrouver Jésus. Ce sera alors la rencontre de l’autre, notre frère, sur des terrains inconnus, imprévisibles, en étant convaicus, que si nous n’allons pas vers l’autre, il n’y a pas de vie humaine. Rencontrer l’autre tout en sachant qu’il a reçu don de l’Esprit, lui aussi. A nous de l’écouter, et d’accueillir ce qu’il voudra nous transmettre de la part de Dieu. C’est dans le vide, dans le creux de nous-mêmes que tout peut advenir. Alors, se laisser saisir et aspirer par le Ressuscité du Tombeau vide.

  16. Jacqueline Casaubon says:

    Car vous étiez errants comme des brebis… Lettre de Pierre 2,20b-25.
    Errants comme des brebis

    Errants, ceux qui sont brisés
    Par une maladie qui atteint tout leur être
    Et les enferme dans une grande solitude.
    Nous en rencontrons
    Dans les rues et dans les hôpitaux.
    Nous sommes peut-être de ceux là.

    Errants, ceux qui sont tentés
    Dans leur désarroi
    D’abandonner le chemin.
    Errants, ceux qui t’abandonnent.

    Errants, ceux qui ne crient pas vers toi
    Parce qu’ils ne te connaissent pas
    Chacun alors cherchant son chemin
    Avec courage.

    Errants, sommes nous, chaque fois
    Que nous croyons être abandonnés de toi
    Lorsque notre foi vacille
    Jusqu’à plonger dans la nuit.

    Toutes ces errances et ces désarrois
    Dans tes mains, mon Dieu.

    …Mais à présent..

    Jacqueline Casaubon 3 mai 2020

  17. Catherine Charvet says:

    Il me semble ce temps de confinement est propice à faire l’inventaire des privations imposées comme des bénéfices persistants. Je fais partie de ces privilégiées qui ne manquent pas de biens et notamment de celui, oh combien précieux, d’une bibliothèque où il m’arrive encore de faire des trouvailles ; ainsi ce Catéchisme des gens mariés du père Féline, un clerc du 18ème siècle, dissertant sans vergogne de la chasteté dans le mariage. Je pourrais aussi vous parler de cette page délicieuse de Diderot faisant l’éducation de sa fille Angélique au cours d’une promenade, lui apprenant ce qu’il faut dire et taire, entendre et ne pas écouter, l’obéissance à sa mère, la tendresse pour son père et la pudeur dans le maintien et la toilette, Mais la grande découverte de ce temps d’économie de contacts est autre et plutôt que de souffrir de manques je m’aperçois que je suis en manque. Je suis en manque de l’accueil. En manque de ces visages, de ces gestes, des hommes et femmes franchissant le seuil de Saint-Merry, me donnant, dans la rencontre, d’éprouver la présence du Christ. Je vérifie combien, en ce temps de vie sociale virtuelle, entre soi et non plus charnellement ouvert aux autres et inconnus, ma foi est fragile, vacillante, évanescente. La présence du Christ est ténue comme au-delà de la pénombre où je me sens moi-même retirée. Je suis en manque car privée des rencontres qui me mettent en question. Je suis en manque de la survenue de tel ou tel qui agit comme une lumière, un révélateur, me donnant conscience de cette présence intérieure qui m’attire, me soutient, m’oriente, et surtout me fait tenir debout dans le face à face sans doute parfois éprouvant mais combien plus lumineux, avec mon prochain. « Car là ou deux ou trois se trouvent réunis en mon nm, je suis au milieu d’eux » Matthieu 18, 20

  18. Jacqueline Casaubon says:

    « Il y a un temps pour tout »… Ecclesiaste 3, 1-15

    Comment l’avons-nous vécu ce temps de confinement dans notre communauté ?
    UN TEMPS PLUS IMPORTANT
    Pour le partage de la Parole, personnellement dans la réflexion et la méditation.
    Mais aussi entre nous…Une opportunité. Il a fallu inventer, inaugurer pendant la Semaine Sainte et la célébration de Pâques. Les dimanches et les mercredis soirs.
    Ainsi, des groupes se sont formés pour préparer et choisir des textes, écrire des commentaires, sur le site de St Merry. D’autres se sont reliés avec whatsapp, skype et zoom… Tant de noms inconnus,tant de personnes se sont lancées, ont lu…

    UN TEMPS NOUVEAU…
    Celui du manque du partage eucharistique. Un vide, mais lequel ? Celui à Emmaüs, alors que le soir approche, le jour baisse, les coeurs sont troublés.
    En même temps là-bas aussi, à Jérusalem il y a un tombeau vide.
    Vide… Un gouffre qui nous aspire, vers qui ? Vers quoi ?
    Et c’est de ce creux terrifiant que tout va advenir. Cest de là que la vie va être plus forte que la mort. Jésus, le Ressuscité, qui est la Vie, à tout instant, présente, aujourd’hui et maintenant. Lui, le Vivant, qui est passé par la souffrance dont les plaies sont toujours présentes.

    UN TEMPS EN ATTENTE QUI SE FAIT PROCHE…
    Le creux… Ressentir un creux fait penser au jeûne. Il nous met en attente d’un évènement joyeux, humain, celui de nous retrouver enfin, bientôt autour de la table eucharistique, pour célébrer le sacrement du Corps du Christ. Nous sommes tous un élément de ce corps constitué, en nous retrouvant physiquement, un jour bien vite, dans la joie des retrouvailles.
    Puis, témoigner par notre vie de Celui qui nous habite.
    Jacqueline Casaubon

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